La Petite Gazette

VLAN  dinsdag 25 september 2018 Vlan

RENÉ HENRY |

Sentiers de grande randonnée: bientôt 60 ans!

En effet, cet anniversaire sera fêté en 2019 et il se prépare de longue date déjà. Monsieur Jean-Pierre Englebert m’a gentiment transmis quelques belles découvertes de l’équipe de bénévoles qui, depuis des mois, fouillent les fonds d’archives, les bibliothèques et les vieux journaux à la recherche d’éléments susceptibles d’établir un historique de la randonnée sur nos terres. Voyez plutôt:

«Le club alpin belge créé en 1883 a rassemblé les ascensionnistes et excursionnistes. Le C.A.B. peut être considéré comme une association de touristes ou une sorte de fédération. Lors de ses 10 ans, en 1893, il organisait un week-end de découverte de l’Ardenne.

La vallée de l’Ourthe, de l’Amblève et de la Salm furent visités comme Houffalize, Stavelot, les Fonds de Quarreux… Cette découverte pédestre bien connue par ses concepteurs et les excursionnistes constitue le point de départ des futurs balisages de sentiers de jadis et de maintenant, nos sentiers GR.

La randonnée pédestre s’est créé et développée bien avant et après la création des chemins de fer et des tramways vicinaux en Ardenne particulièrement. Nous ne pouvons évidemment pas donner de date précise du début de la randonnée pédestre dans pour notre pays, mais nous dirons que la rando et le balisage de quelques kilomètres de sentiers locaux datent de la seconde moitié du 19e siècle, notamment dans la vallée de la Hoëgne et, déjà, le long des cascades ponctuant le cours du Ninglinspo.

Nous n’oublierons pas le Touring Club de Belgique a contribué au développement du tourisme sous toutes ses formes et à la préservation de l’environnement, des paysages et des monuments.

Les sentiers des touristes étaient pourvus de lettres marqués et de poteaux indicateurs signalant les distances. La société Le Vieux Liège adopta le même principe de balisage pour les chemins de touristes.

Nous avons découvert qu’en 1861 déjà, Spa procédait à la réparation de ses promenades (mais était-ce des sentiers balisés?), la ville d’eau peut être considérée comme la ville pionnière du tourisme belge.

Très tôt, nos régions attirèrent le touriste allemand et le journal La Meuse du 5 juillet 1913 nous le décrit:

Le chapeau mou garnie d’une plume de faisan, les culottes s’arrêtant au genou, les mollets serrés dans les jambières et sac à dos, ce sac qui contient le nécessaire et rien que le nécessaire, le touriste allemand déambule dans nos rues, d’un pas rapide, s’arrêtant devant un monument le temps strictement nécessaire, voyant en une journée ce que nous mettrons 5 jours à visiter. Il est aujourd’hui à Liège, il sera demain à Spa, d’où il passera à la cascade de Coo pour faire, toujours à pied, son tour d’Ardenne, infatigable, ponctuel et grave.

Il a, en effet, une toute autre façon de concevoir le tourisme que nous. Les Belges, les Français, en voyage, passent deux heures au restaurant, s’attardent aux terrasses des cafés, flânent dans les jardins publics. Le touriste allemand, au contraire, voyage pour voir et il voit. C’est sans doute pour cela que le Baedecker est impossible à suivre (livre édité) dans ces itinéraires, il est déjà à Naples quand vous êtes encore à Venise.

C’est qu’il est fait pour les gens qui voyagent et non ceux qui flânent. Or, il est si délicieux de flâner.

Signé Eller.»

A peine un peu plus d’un an plus tard, les Allemands revenaient dans notre région, non plus la plume au chapeau mais la pointe au casque et, effectivement, ils n’y flânèrent pas non plus… mais, évidemment, ceci est une toute autre histoire…

Pour les curieux, d’autres infos sur cette associations de bénévoles, ses actions, ses projets… sont disponibles en consultant le site www.grsentiers.org

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