Vielsalm - Agriculteurs en révolte à la bibliothèque de Vielsalm

Le débat qui a suivi le film avait une valeur ajoutée renforcée vu la présence de plusieurs agriculteurs dans la salle qui argumentaient sur base de leur vie quotidienne. Bio ou pas bio est une question de société existentielle, ceci est moins vrai dans notre région, vu que les activités développées sont l’élevage viandeux et/ou la production laitière sur des surfaces adaptées. Le choix de travailler sous le label «bio» est davantage un choix économique: on accepte les contraintes pour recevoir davantage de primes, mais l’exploitation traditionnelle reste très proche du bio.

Les échanges ont porté sur la manière de nourrir durablement la planète, sur les choix des consommateurs sur le contenu de leur assiette et leurs critères de choix ainsi que sur les revenus des agriculteurs. Le problème n’a malheureusement pas été résolu ce jeudi 20 avril à Vielsalm; contrairement au documentaire présenté par ailleurs, l’optimisme était plus mitigé dans la salle. Même si l’on est conscient que le status quo dans notre manière de produire et consommer nous conduit dans le mur, l’on s’accorde difficilement à trouver les responsabilités et les solutions.

Entre l’agriculteur, acteur majeur et le consommateur qui finalement pourrait imposer ses choix, on trouve pléthore d’intermédiaires (industrie agro-alimentaire et chimique grande distribution,.) qui exercent également un rôle déterminant.

Mais d’une part le producteur a un modèle économique fortement influencé par la PAC et donc in fine, c’est la politique qui oriente fortement la production et ses modalités, d’autre part, seule une minorité de consommateurs prend conscience des enjeux planétaires de ce qu’il met sur l’assiette (et qui n’est pas toujours un choix pour les moins favorisés).

Il ne faut pas douter de la bonne volonté des personnes présentes dans la salle, on a parlé de marchés de producteurs, de circuits courts, de consommation locale. Certaines initiatives se concrétisent tant au niveau des consommateurs (association de fait Colibri) qu’au niveau des producteurs (projet de laiterie sous label). Elles sont certainement un pas dans la bonne direction, mais la marche sera longue avant d’avoir une agriculture capable de nourrir la planète de manière durable, donc respectueuse de l’environnement, du confort animal et qui rémunérerait correctement ses serviteurs. On perçoit en tout cas avec de plus en plus d’acuité, l’urgence de modifier notre manière de consommer la planète.

Efji - équipe de rédaction

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