Vie locale - 1.500 tonnes d’encombrants par an à Liège

Une chaise, un vélo, un matelas, une poussette et, au centre de tout ça, un corps autour duquel s’affairent des experts de la police scientifique. La scène de crime installée hier sur la place Saint-Lambert avait de quoi attirer le chaland, mais n’avait rien du fait-divers sordide. À l’origine de l’événement, l’échevin liégeois de l’Environnement, André Schroyen, et la Ressourcerie du Pays de Liège.

«Cette campagne s’inscrit dans l’appel à projets pour une Wallonie plus propre lancé par le ministre Di Antonio, précise M. Schroyen. L’objectif est de lutter contre les dépôts clandestins, et plus particulièrement ceux d’encombrants. En sensibilisant la population à la problématique, mais également en lui rappelant qu’abandonner ses encombrants est illicite.»

Chaque année, la Ville de Liège récolte en effet 1.479 tonnes de dépôts clandestins. Un chiffre en constante diminution, mais qui impacte encore considérablement tant l’environnement que les finances communales.

«Voici dix ans, on en était à 10.000 tonnes par an. On récolte maintenant beaucoup moins, mais c’est encore 1.500 tonnes de trop», estime l’échevin liégeois. D’autant que des solutions existent: la collecte trimestrielle, les recyparcs, les recyparcs mobiles, mais surtout la ressourcerie du Pays de Liège, d’où proviennent tous les objets constituant le décor de la scène de crime.

Cette coopérative qui existe depuis 2012 permet aux Liégeois de faire enlever leurs encombrants à domicile, sans débourser un euro.

«Les gens téléphonent et prennent rendez-vous, détaille Michel Simon, le directeur de la Ressourcerie. Ils doivent ensuite laisser leurs encombrants à l’intérieur, au rez-de-chaussée, et nos équipes viennent les chercher.» Un service compris, à Liège en tout cas, dans la taxe globale.

Du recyclage

Mais le rôle de cette coopérative ne s’arrête pas là. «En 2016, nous avons récolté 3.200 tonnes d’encombrants sur les 31 communes de la province de Liège que nous couvrons, dont 1.800 rien que Liège. Et 80% de ces encombrants sont réutilisés ou recyclés. Alors que jusqu’en 2010, tout partait en vers les décharges ou les incinérateurs.»

Les objets en bon état sont, en effet, dirigés vers des boutiques de seconde main. Les électro-ménagers réparables sont remis en état et prennent la même direction. Seuls les produits qui ne peuvent être réutilisés quittent le circuit du réemploi, «mais ils sont alors démantelés et leurs matériaux orientés vers les filières de recyclage», poursuit M. Simon.

«Et en moins de cinq ans, on a créé 50 équivalents temps-plein, termine Julie Fernandez Fernandez, l’échevine liégeoise qui préside également la Ressourcerie. Le plus souvent pour des travailleurs ‘fragiles’ qu’on a pu former et à qui on a offert un emploi pérenne.»

L.M. - équipe de rédaction

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