Vie locale - L’avenir de la carrière du Bay-Bonnet fin d’année

D’ordinaire, ce sont pour les tirs de mine dont les secousses sont ressenties à Olne (pas plus tard que la semaine dernière) qu’on parle de la carrière du Bay-Bonnet. Ce mercredi soir, au conseil communal, le conseiller socialiste Patrick Mullens a plutôt parlé de terril. Et de celui formé par l’exploitation de la carrière «qui atteint une hauteur excessive, à tel point que ça modifie le relief». En séance publique, Patrick Mullens a expliqué que des blocs de pierre avaient même dévalé le tas jusque dans une prairie voisine, arrachant le grillage. Du coup, comme l’a ajouté le conseiller Marc Baguette, des enfants «partent à l’aventure» sur ce terril qu’ils prennent pour un terrain de jeux…

Personne n’en disconvient: c’est dangereux. Problème: ce n’est pas à la commune de faire le gros doigt à la carrière mais bien à la Région wallonne, dont c’est la compétence, rétorque l’échevin Francis Elias.

Quant au bourgmestre, responsable de la sécurité dans sa commune (où est située 90% de la carrière), le permis d’exploitation ne précise pas la hauteur du terril. «Pour les blocs, dès que je l’ai su, en janvier, j’ai contacté Ferrari (Granulats, l’exploitant de la carrière depuis 2005, NDLR) qui m’a dit qu’il les ferait déplacer, expose Ghislain Senden, le mayeur. Mais, ça s’est reproduit et on l’a recontacté. Il a alors dit qu’il ferait une réunion avec les chauffeurs

Le mayeur assure par ailleurs que ce qui se trouve actuellement sur le site est stable, même certains blocs qu’on pourrait croire en équilibre instable.

Une plainte

Ce nouvel épisode, relaté par le conseiller socialiste, décide cependant le conseil à écrire un courrier de plainte à la carrière et d’en joindre une copie utile à la région, histoire de se décharger d’une quelconque responsabilité en cas d’accident.

Outre la dangerosité de la carrière, et surtout de ses abords, c’est l’avenir complet du site qui est en discussion. Une ancienne convention lie Arcelor à Olne. Arcelor s’était engagé à vendre la carrière à la commune en 2020. À l’époque, Olne projetait de transformer le site en une réserve naturelle lorsqu’elle en deviendrait propriétaire. Mais aujourd’hui, ce n’est plus si clair. Un groupe de travail étudie la question et s’est déjà réuni quatre fois. «La priorité, c’est le rachat pour avoir la mainmise sur le futur de la carrière, martèle Dorian Kempeneers (ECOLO), échevin des Carrières. On attend d’avoir les conclusions du juriste pour la mise en pratique

Certains problèmes épineux sont à régler, notamment les deux fours «plein d’amiante» qui se trouvent sur le territoire de la commune de Trooz. Olne voudrait une remise en état des lieux avant de devenir propriétaire.

Un autre acheteur?

Entre-temps, il revient aux oreilles du conseil que «Ferrari Granulats a mis 3 millions d’euros sur la table pour racheter la carrière sans condition de remise en état du propriétaire actuel», fait savoir Patrick Mullens. Étonnant quand on sait qu’Olne prévoit d’acheter le site pour quelque 130.000 euros… Le bourgmestre parle d’un coup de poker et est confiant concernant la validité de la convention-rachat signée avec Arcelor. «Arcelor demande juste que nous nous décidions, ce que nous ferons d’ici la fin d’année», soutient le bourgmestre, conscient de l’urgence.

L.M. - équipe de rédaction

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