Vie locale - Sécurité en question dans nos festivals

L’attentat de Manchester, revendiqué par l’État islamique, a à nouveau secoué l’opinion publique, rappelant que la volonté des semeurs de terreur était non seulement de traumatiser, mais aussi de lutter contre certaines formes de culture. Après le Bataclan, où l’on devait jouer du hard rock, on s’en est pris au public d’une idole des ados. Nul n’est donc potentiellement épargné. Et la question de la sécurité de nos festivals se pose donc plus que jamais. Notamment aux Francofolies spadoises.

Charles Gardier, codirecteur du festival, souligne qu’«on avait déjà vécu une édition sous tension, en 2016. L’attentat de Nice avait eu lieu avant.» Cette fois, c’est encore plus sordide et lâche: «J’étais effondré quand j’ai entendu qu’un attentat avait été commis à Manchester et qu’on s’était attaqué à des enfants…»

Les organisateurs spadois n’ont pas attendu cet attentat pour réexaminer le dispositif. Une réunion de coordination a été organisée la semaine dernière. «Et on a mis l’accent sur la sécurité. L’attention est totale», explique Charles Gardier. Lequel souligne cependant qu’il n’a pas encore analysé ce qui s’était produit à Manchester et le modus operandi du terroriste.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre: «C’est compliqué à assumer». Et «on vivra encore avec ce type d’horreur pendant des années».

Néanmoins, il ne faut pas renoncer à organiser de telles manifestations et à y venir pour la cause. Car, plaide le codirecteur des Francos, «aujourd’hui, prendre son ticket pour vivre et sortir, c’est un acte citoyen, de résistance. Et j’incite tout le monde à le faire, à aller dans ce sens. Sinon, ce seront toutes nos valeurs qui seront battues en brèche

Pour parer à la menace, toutes les entrées dans la Ville d’eaux avaient été sécurisées via des contrôles de sécurité, l’an dernier. Et aux entrées des sites de concert, on procédait à de nouvelles fouilles. Un système qui devrait être reconduit cette année. L’armée et la police étaient présentes de manière visible durant tout le festival.

Assurer la sécurité lors de tels événements cependant, «cela représente un surcoût de dizaines de milliers d’euros», qui pèse sur les finances. Pour le moment, les réservations suivent le schéma d’une «année correcte», commente Charles Gardier. Mais il est clair que depuis des années, les festivals, en général, trinquent, entre autres pour les craintes liées à la sécurité.

Ces charges supplémentaires pourraient-elles peser sur l’avenir des Francofolies ou engendrer une majoration du prix des tickets? «On va essayer que non. On essaie de les garder les plus bas possible et on les avait même diminués il y a deux ans. À un moment donné, si on n’arrive pas à boucler notre budget, ce sera un problème. Mais a priori, on ne privilégie pas une augmentation des prix

Si on la décidait, ce ne serait pas de gaieté de cœur, car souligne Charles Gardier: «plus on avance et plus je crois que la culture est un facteur de cohésion. Et ce n’est pas en la rendant inaccessible qu’on résoudrait le problème

L.M. - équipe de rédaction

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