Vie locale - «Tout est fait pour qu’on oublie l’animal»

Camille, votre association a mis en ligne ces images insoutenables d’animaux torturés et mis à mort dans des conditions abominables. Pour le grand public, il est difficile de voir cette dure réalité.

- Beaucoup de personnes sont conscientes du caractère dérangeant de ces images mais elles ne veulent pas les regarder car cela remet en question leur éducation, leurs habitudes de consommation et leur mode de vie de manière générale. Malheureusement, les enquêtes que nous menons, les vidéos que nous dévoilons, c’est la réalité. Cette réalité est violente et la plupart des gens ont du mal à l’accepter. Le consommateur ne fait pas toujours le lien entre le bout de viande qu’il a dans son assiette et de tels abattages.

Comment parvenez-vous à récolter ces images à l’intérieur des abattoirs?

- Ce sont des personnes qui travaillent dans ces lieux qui nous signalent que des choses illégales ou anormales s’y passent. Ils nous aident à nous infiltrer et nous filmons à l’aide de caméras cachées dans tous les cas. Nous avons émis le souhait que tous les abattoirs en France soient équipés de caméras de surveillance et que les citoyens et les associations puissent accéder librement aux images. Mais au final, celles-ci seront seulement visibles par les services vétérinaires et les directions d’abattoirs. Or, l’abattoir de Vigan était déjà équipé de vidéosurveillance et on voit pourtant bien que l’employé s’acharne sur les cochons et les bat inutilement. Si on n’avait pas diffusé ces images, personne ne les aurait vues.

Ce qui est marquant dans ces vidéos, c’est la cruauté dont font preuve les employés des abattoirs. L’animal n’est plus que de la viande sur pattes. Comment en arrive-t-on là?

- Ils sont dans un processus psychologique qui les pousse à chosifier les animaux dans le but de se protéger. Quotidiennement, ils sont amenés à mettre à mort des dizaines d’être sensibles. Ils sont obligés d’en arriver là, sinon ils deviendraient fous. Ces gens souffrent car ils ont un travail difficile physiquement et psychologiquement très éprouvant, avec des cadences de travail élevées. Ils en viennent à occulter le fait qu’il s’agit d’êtres vivants. Au-delà des conditions de mise à mort, les conditions de vie posent question. Les images prises dans cet élevage intensif dans le Finistère interpellent. On y voit des cochons vivre au milieu des cadavres en putréfaction de leurs congénères.

Ces images que vous dévoilez ont-elles un impact sur le grand public?

- Oui, on ressent cette tendance depuis un an et demi. Les questions liées à l’éthique animale entrent dans le débat public. Des gens prennent conscience de certaines pratiques dont ils n’avaient absolument pas connaissance et se tournent de plus en plus vers une alimentation végétale.

LP - équipe de rédaction

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