Vie locale - Et si la ligne Charleroi-Parisrevivait ?

Il y a quelques semaines,les ralentissements et la mise à voie unique prévus pour la ligne 130A reliant Charleroi à Erquelinnes faisaient parler d’eux. La CGSP Cheminot avait expliqué que, sans aucune remise à neuf de certains tronçons, la vitesse devrait être de plus en plus limitée, jusqu’à l’interdiction totale de circuler sur ces voies devenues vétustes.

Évidemment ce scénario est celui du long terme, la fermeture de cette ligne n’étant pas prévue dans le plan de transport 2017-2020.

Néanmoins, au-delà de ce problème potentiel, d’autres questions sont soulevées par les navetteurs et politiques, tant du côté belge que du côté français.

Les Français inquiets

Nos voisins s’inquiètent effectivement de l’impossibilité actuelle de rejoindre la France en train via Erquelinnes. Le tronçon d’environ trois kilomètres qui sépare Erquelinnes de Jeumont n’est plus praticable pour les trains et l’état de cette ligne, les inquiète tout autant que nous.

«Nous vivons à la frontière et, par conséquent, il y a du mouvement: des gens vont travailler en Belgique et vice versa. C’est compliqué pour ceux qui ne savent pas prendre le train. Un autre exemple est celui de l’aéroport de Charleroi: la personne qui atterrit est obligée de disposer d’un véhicule s’il doit se rendre dans notre bassin. Un bassin de vie et d’emploi qui est le même pour les Belges et les Français. Les uns utilisent les structures des autres», explique Philippe Biais, conseiller municipal de la Ville de Maubeuge.

Toujours plus réduite

«De notre côté, la ligne qui nous relie à Paris a été très réduite, elle aussi. C’était l’ancienne ligne Paris-Moscou». Alors, quoi de mieux pour régler le problème que de proposer une ligne directe qui relierait Paris à Charleroi en passant par Maubeuge?

Voilà la proposition de Philippe Biais et de Gérard Dupagny, représentant de l’ASBL «À fond de train».

Une proposition qui n’en est encore qu’à l’état de concept, mais qui reste néanmoins d’une grande importance pour les Français. Et ces derniers espèrent voir ce projet de longue date enfin se concrétiser.

D’autant plus, qu’une décision européenne prévoie la libéralisation des sociétés ferroviaires d’ici 2026. «Il ne faut pas que ce soit la SNCF d’un côté et la SNCB de l’autre. L’un ne doit pas marcher sur l’autre: il faut travailler ensemble». Philippe Biais a simulé différents trajets et s’indigne du temps et des prix de l’une des options.

«Si l’on fait Charleroi-Paris, en passant par Bruxelles, on met 2h41 de temps de trajet et débourse 109€. Pour faire Charleroi-Paris, en passant par Erquelinnes, on met 2h39 de temps de trajet et on paie entre 26 et 36€. Tout en tenant compte que c’est un omnibus qui circule sur la ligne 130A. Dans le cas de notre liaison Charleroi-Paris, on parle d’un train direct».

Plus de confort

Pas étonnant que les habitants de la région souhaitent voir cette ligne davantage exploitée.

«Ce que nous voulons c’est plus de trains, une plus grande amplitude horaire et plus de confort», conclut Philippe Biais.

NG - équipe de rédaction

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