Vie locale - Il filme les séismes et les volcans les plus dangereux

Daniel Moyano est un Stavelotain qui n’a pas froid aux yeux. La preuve avec le chapelet de volcans dangereux qu’il a filmés. Dont le Merapi, en Indonésie, auquel il a consacré un film qu’il va projeter au cinéma Le Parc, à Liège, le 20 avril, à 20h. Il s’ouvre sur des images paradisiaques, puis c’est un déchaînement de lave. Avec des coulées et des nuées ardentes mêlant cendres, gaz et roches chauffées à près de 800 degrés. Des torrents dévalant à plus de 80 km/h et brûlant tout dans leurs couloirs, mais qui ne découragent pas les paysans de revenir, quand le danger semble atténué, tant la masse vomie est fertile.

Le Merapi n’est qu’un parmi les volcans que traque Daniel Moyano de par le monde. «Il n’y a pas beaucoup d’amateurs comme moi. Il faut se déplacer rapidement pour être sur place au bon moment. Depuis l’âge de 12 – 13 ans, je suis passionné de géologie. Puis, je me suis très vite engagé dans la spéléologie, avec les Chercheurs de Wallonie». Voici 52 ans, il participait à l’exploration du Gouffre Berger, dans le Vercors, le plus profond alors répertorié au monde (- 1.122 m). Il est ensuite passé à la haute montagne, avant de se focaliser sur les volcans. D’abord le Stromboli, en 1972. Il les a filmés à partir de 1994, avec du 16 mm, puis du digital. Sa spécialité: les nuits ardentes, lors desquelles des volcans explosifs expulsent des masses visqueuses et des cendres, parfois à 10.000 m d’altitude. Parmi eux: le Merapi, sur lequel il a tourné en 2010, avant, pendant et après sa grosse éruption. Elle fera 353 victimes et plus de 300.000 évacués.

Il a aussi immortalisé de telles nuits ardentes sur le Slamet, qu’il a été le seul à filmer avec l’aide de l’université de Bandung. «J’étais à 300-400 m du cratère». Il suit aussi le Sinabung, autre volcan indonésien, actif depuis quatre ans. «J’ai plus de cinquante voyages en Indonésie à mon actif. Pour les éruptions, il faut être là au bon moment et avec la bonne trajectoire». Tout en se gardant d’être sur celle d’une coulée. Mais ça n’effraie pas Daniel Moyano qui, pour la petite histoire, a été directeur de la plus grosse entreprise de… portes coupe-feu du pays, à Malmedy, en début de carrière.

Outre ce docu sur le Merapi, deux autres vont entrer en postproduction. D’abord «Voir naître la Terre», qui fera passer le spectateur de Madagascar (reste du continent originel Gondwana), en Éthiopie (avec un lac de lave), puis en Islande (avec le fameux Eyjafjallojökull, qui avait bloqué le trafic aérien) avant de finir au Népal, pour le séisme de 2015. L’autre film, lui, sera consacré aux volcans indonésiens.

LM - équipe de rédaction

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