Vie locale - Balade au cœur du réseau ferroviaire

Et si, au lieu de s’enfoncer dans un tunnel souterrain, les trains passaient en plein centre ville? Si l’idée peut vous paraître saugrenue, sachez qu’elle a été envisagée en 1850, lorsque des architectes se sont penchés sur le réseau ferroviaire bruxellois. Il y a 160 ans, la jonction Nord-Midi n’existait pas encore. Pour relier le haut et le bas de la ville, des entrepreneurs ont donc eu l’idée de créer une grande jonction. C’est en 1911, après des décennies de réflexion, que démarre le projet d’une jonction qui comprendrait un tunnel sous-terrain et 3,5 kilomètres de rail. Si les optimistes pensaient initialement terminer les travaux en 1915, deux guerres mondiales et une crise économique vont leur faire obstacle. 41 ans, deux guerres mondiales et 12.000 expropriations plus tard, la jonction Nord-Midi vit enfin le jour.

Après plus de 65 ans de bons et loyaux service, elle méritait bien une petite cure de jouvence, non? Profitant de ce week-end prolongé du 1er mai, Infrabel a décidé de moderniser le réseau ferroviaire bruxellois. Pendant trois jours, 200 employés se relayent pour remplacer la signalisation, moderniser les équipements et tester les nouveaux appareils d’aiguillage. Pour ce faire, la circulation a été totalement interrompue entre la gare du Nord et la gare du Midi, une première depuis plus de trente ans! Une véritable course contre la montre qui n’est que la face apparente de l’iceberg. Car, en réalité, les travaux sur la jonction ont débuté depuis plus de trois ans. D’ici fin 2019, la technologie, qui est encore essentiellement électromécanique, sera totalement informatisée.

Moins de retard

Les objectifs d’Infrabel avec ces différents travaux? Améliorer la sécurité et diminuer les perturbations en cas de problème. «En cas de panne, la cabine de signalisation peut ainsi basculer vers le système de secours, ce qui diminue la durée de la perturbation et donc les conséquences pour les voyageurs», explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. Quel est le challenge de ce réseau si particulier? Les gares bruxelloises fonctionnent un peu comme un entonnoir. Si la gare du Midi possède 22 voies, la gare Centrale n’en compte que 6. Pour que les trains circulent correctement il faut donc jongler avec une série d’aiguillages car la moindre faille entraîne des retards en cascade. Autre enjeu pour les travailleurs d’Infrabel: améliorer la sécurité car, en 65 ans, les mesures de sécurité relatives aux tunnels ont fortement évolué. Trois accès supplémentaires au tunnel seront donc créés. Ces accès permettent d’évacuer plus rapidement les personnes mais aussi une intervention plus rapide des pompiers en cas d’incendie. Pour gagner du temps, des armoires avec du matériel pour les pompiers ont été installées à plusieurs endroits du tunnel. Parmi ces sorties de secours, on retrouve également une cheminée naturelle géante! Un endroit surprenant et imposant caché en plein cœur de la capitale qui servait autrefois à évacuer les vapeurs des anciens trains.

L.C. - équipe de rédaction

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