Vie locale - Recours déposé contre Sagrex

La commune aura pris une semaine de réflexion, mais ce jeudi 27 avril, Namur a décidé officiellement d’introduire un recours contre le permis unique délivré par l’administration wallonne à Sagrex. Le groupe carrier, pour rappel, veut rouvrir la carrière de Lives-Bossimé. Un projet qui suscite depuis toujours une franche hostilité de la part des riverains, mais aussi de la commune.

Après avoir vu son premier projet refusé, Sagrex avait toutefois revu sa copie. Cela n’avait pas rassuré davantage les riverains ou la commune. Le 19 janvier dernier, cette dernière remettait d’ailleurs un avis défavorable longuement argumenté. Mais l’administration wallonne n’en a pas tenu compte.

Ce jeudi 27 avril, lors du conseil communal, Bernard Guillitte (MR), l’échevin namurois de l’environnement, s’est étonné publiquement de certains arguments des fonctionnaires wallons. Ainsi, ils reprochent à la Ville de Namur, qui souhaite modifier son plan de secteur, de ne pas l’avoir encore fait. En faisant passer le site de Lives-Bossimé de zone d’extraction à zone naturelle, Namur bloquerait tout projet de réouverture de la carrière. Cette volonté, exprimée depuis une dizaine d’années, n’a jamais été concrétisée. Mais comme le rappelle Bernard Guillitte, Namur a bien introduit une demande en ce sens. L’autorité régionale, qui doit statuer, n’a cependant jamais répondu!

Le combat s’annonce encore long

L’importance de la flore et de la faune sur le site est un autre argument de la commune contre la réouverture de la carrière. Mais pour les fonctionnaires wallons, «la carrière de Bossimé était en fonction jusque-là première moitié des années 80» et cela «n’a pas empêché la nature de reprendre ses droits à l’arrêt de la carrière.» Donc, tant pis pour les animaux et les plantes qui s’y trouvent: ils reviendront ou repousseront dans 30 ans…

Alors qu’elle veut attirer les touristes, Namur s’inquiète aussi de l’impact paysager d’une telle activité à l’une de ses entrées. Mais pour l’administration wallonne, «les falaises de pierres font partie du paysage mosan, la réalisation de l’extraction et par conséquent de nouvelles falaises ne paraît pas incongrue dans le paysage.» Il est vrai que les touristes se pressent pour voir fonctionner les carrières wallonnes…

Le recours introduit auprès du gouvernement wallon est heureusement suspensif. L’administration wallonne va avoir 70 jours pour remettre son dossier au ministre Carlo Di Antonio (cdH), qui aura ensuite 100 jours pour statuer. «On n’attend donc pas de décision avant 5 mois», précise Bernard Guillitte.

Peu importe le sens de la décision du ministre wallon, Sagrex ou la Ville de Namur pourront ensuite aller en recours au Conseil d’État. La lutte contre la réouverture de la carrière de Lives-Bossimé est donc encore longue.

C.H. - équipe de rédaction

Autres actualités à Vie locale

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Vie locale