Vie locale - La «maison Rigo» va pouvoir être démolie

C’est un sujet pour lequel les Liégeois ont généralement un avis bien tranché. Certains voient là une maison de caractère, qui fait partie intégrante du patrimoine liégeois qu’il faut préserver et mettre en valeur au milieu du nouvel axe Guillemins-Boverie. Pour les autres, l’immeuble n’est que du «faux vieux», reconstruit avec quelques éléments historiques, qui fait tache entre les Guillemins et le musée Boverie et bloque la vue. Vous l’aurez compris, la maison Rigo ne laisse personne indifférent.

Toujours est-il que la maison doit être démolie dans le cadre du vaste projet de réaménagement global de l’espace face aux Guillemins, notamment au profit du complexe immobilier «Paradis Express» et du futur passage de la ligne de tram. Le tout, comme mentionné précédemment, en dégageant la vue vers la Meuse depuis la gare. Deux ASBL – SOS Mémoire de Liège et le Vieux Liège – ont toutefois introduit deux recours auprès du conseil d’État, l’un en suspension, l’autre en annulation.

Et le premier vient d’être rejeté. Ce qui signifie donc que plus rien ne s’oppose à la démolition, car le second recours ne sera pas traité avant des mois, voire plusieurs années. Au moment où la maison sera à terre. Du moins, en théorie. Jean-Pierre Hupkens, échevin liégeois de l’Urbanisme et président de l’intercommunale Ecetia, propriétaire des lieux, avance: «La position, qui doit être avalisée formellement par la Ville, est de poursuivre la démolition, tout en sauvegardant certains éléments remarquables.»

En effet, le fonctionnaire-délégué de la Région wallonne avait accordé un permis en septembre 2016 autorisant la démolition de la maison Rigo, moyennant les conditions suivantes: «Démontage des décors et mobiliers intérieurs jugés intéressants par les associations» qui, à des fins d’inventaire et de documentations, «seront démontés avec soin et entreposés dans un lieu adéquat, à l’abri des intempéries et du vandalisme sous la responsabilité de la Ville de Liège.»

Irrecevables ou non sérieux

Dans les faits, les opposants à la démolition soulevaient plusieurs points dans leur recours, tous jugés «irrecevables» ou «non sérieux», pour utiliser les termes précis. Mentionnons entre autres l’aspect «urbanistique» avec des doutes émis quant au plan de remembrement urbain avalisé par la Région wallonne, ainsi que la non sauvegarde de tous les éléments dits «précieux» listés par les ASBL, mais bien juste certains d’entre eux. Des arguments refoulés par le conseil d’État, qui rappelle notamment qu’il «n’appartient pas au conseil d’État d’intervenir comme arbitre des appréciations divergentes du fonctionnaire délégué et des associations requérantes quant aux éléments présents dans l’hôtel Rigo qu’il convient de démonter et stocker. Dès lors qu’aucun de ces éléments ne bénéficie d’une quelconque protection particulière, ce choix relève du pouvoir de l’autorité.» Or, «aucune erreur manifeste d’appréciation n’est établie dans le chef de l’autorité.»

L’arrêt ayant été rendu le 16 mars dernier, les autorités attendent désormais la fin du délai d’appel, qui est d’un mois – on y est donc quasiment – pour relancer formellement le dossier, laissé en stand-by afin d’attendre la décision expliquée précédemment.

Désormais, les procédures vont pouvoir être relancées par Ecetia afin, notamment, d’attribuer le marché de démontage et de démolition. Le recours en annulation est, lui, toujours pendant, mais ne peut stopper la procédure. Le temps qu’il soit traité, la maison Rigo devrait être démolie.

S’il est difficile de donner un calendrier précis à l’heure actuelle, du côté des autorités, on ne s’attend pas à ce que cela bouge avant la fin de l’année.

L.M. - équipe de rédaction

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