Vie locale - L’habitat groupé se développe à Bruxelles

Imaginez, vous êtes une famille, avec des enfants. Vous vivez dans un immeuble où vous avez votre propre appartement, avec chambres, salle de bains, cuisine. Mais votre logement comprend aussi une buanderie, une cave, un jardin, un grand salon, que vous partagez avec vos voisins, avec qui vous créez des liens. Des parties individuelles, des parties communes: c’est l’habitat groupé. D’après l’association Habitat et participation, spécialisée en la matière, on compte aujourd’hui 80 habitats groupés dans la capitale, ce qui représenterait environ 2.000 résidents. Des chiffres qui pourraient être amenés à tripler voire quadrupler d’ici cinq ans, estime l’association, notamment si les pouvoirs publics agissent.

Mais il faut d’abord réussir à définir l’habitat groupé, ce qui n’est pas une mince affaire. Pendant longtemps, ce modèle de logement était vu comme quelque chose pour les «bobos», des classes moyennes relativement éduquées.

Un cliché qui peut effectivement se vérifier dans certains cas. Ainsi, des personnes, des amis ou d’autres rencontrées via des annonces, se regroupent pour créer ensemble un immeuble avec des logements individuels et des parties communes. Ce système permet d’ailleurs des économies (partager les frais d’architectes par exemple).

Ces personnes, qui peuvent être des familles, des familles monoparentales, des isolées, cherchent souvent, par ce modèle, à créer un espace de partage, tisser des liens sociaux. «Il y a aussi une philosophie partagée», ajoute Joannie Thys d’Habitat et participation. «Souvent, les personnes se retrouvent autour de valeurs écologiques. La plupart des habitats groupés en projet à Bruxelles sont passifs.»

Intergénérationnel

Mais l’habitat groupé peut aussi être intergénérationnel.

Ce modèle est d’ailleurs en grande expansion à Bruxelles, suite à deux appels à projets de la Région depuis 2015. Dans les prochaines années, il pourrait ainsi y avoir plus de 300 logements ainsi créés, où personnes de différents âges se côtoient dans des parties communes. Un système qui plaît aux pouvoirs publics notamment car il permet de rompre avec l’isolement des personnes âgées.

Certains habitats groupés sont aussi des logements dits solidaires, loin des «bobos», donc. Ceux-ci, souvent mis en place par des communes, permettent à des ménages modestes de s’insérer dans un projet de logement partagé où peut régner une meilleure solidarité et une plus grande inclusion dans la société.

Habitat et participation espère que ces divers modèles de logements se développeront plus rapidement, avec l’aide des pouvoirs publics, qui pourraient encourager cette nouvelle manière de concevoir l’habitant en simplifiant la loi, notamment en installant des règles urbanistiques plus souples.

L.C. - équipe de rédaction

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