Vie locale - Il rêvait de monter sur scène, il est dans les coulisses des spectacles!

Abandonnez-vous complètement l’Espace Magnum de Colfontaine?

- Pour l’instant, j’y suis toujours. Je m’éloigne, mais je ne le quitte pas définitivement. Il y a des productions qui auront toujours leur place à l’Espace Magnum. Si j’en ai des grosses, elles seront organisées là-bas. L’Espace Magnum donne plus de possibilités, en termes de public. Il offre jusqu’à 1.600 places, alors que le théâtre est limité à 1.000 sièges. Des artistes déjà venus à l’Espace Magnum viendront peut-être au théâtre. Quand l’occasion se présentera, j’y réfléchirai. À l’époque, je n’avais pas la possibilité d’organiser un spectacle au Théâtre Royal de Mons. Du coup, je mettais tout le monde à l’Espace Magnum. Mais dans certains cas, cette salle n’était pas toujours idéale pour accueillir le public. Surtout lors de spectacles intimistes ou de représentations d’humoristes, qui attirent moins de gens. Le résultat aurait été meilleur au théâtre. Avant qu’on ne m’ouvre ses portes, je n’avais pas le choix. Dès que je voulais avoir un artiste, c’était toujours à l’Espace Magnum. Maintenant, je peux décider et choisir.

La programmation du Théâtre Royal de Mons sera-t-elle votre seule occupation?

- Le Théâtre Royal de Mons est juste une petite partie du travail que je fais. Quand on voit des artistes à Mons, ils y sont souvent dans le cadre d’une tournée. Si Julien Clerc, Franck Dubosc ou Pierre Palmade sont à Mons, ils vont faire en même temps Charleroi, Liège, Bruxelles… Je suis également le producteur de Maurane. Je m’occupe de toute sa carrière.

Avez-vous toujours rêvé d’être producteur de spectacles?

- Non, je rêvais d’être sur scène! La vie en a voulu autrement. Je ne suis pas sur scène, mais dans les coulisses. Jeune, j’étais musicien. Je jouais dans des cafés montois, comme l’Arquebuse. J’étais aussi un bon joueur de football. À 17 ans, je suis parti à la Louvière. Pendant quelques années, je suis devenu professionnel. J’ai alors mis la musique de côté. Quand j’ai vieilli pour le football, j’ai refait de la musique avec des copains. À ce moment-là, les Halles de Jemappes recrutaient. J’ai postulé, j’ai été pris. De musicien à producteur de spectacles, j’ai commencé à faire venir des groupes. Je me suis rendu compte qu’il y avait de meilleurs musiciens sur le marché. Le fait de me retrouver au Théâtre Royal de Mons est à la fois valorisant et le fruit d’un travail de plusieurs années. J’ai dû me faire une place dans le milieu. Je représente ainsi une culture populaire grand public.

Votre programmation est diversifiée. Êtes-vous confiant?

- C’est un travail de longue haleine, un pari. Il y a beaucoup de spectacles. Certains seront plus réussis que d’autres, en termes de remplissage. Ça me permettra de mieux préparer la deuxième saison. J’ai déjà des idées de noms: Maurane, Patrick Fiori…

Pourquoi avez-vous choisi ces têtes d’affiche?

- Mon expérience de 25 ans m’a permis d’avoir accès à ces artistes. J’en ai rencontré certains, avant qu’ils ne soient connus. Avec Artus, j’ai fait des spectacles où il n’y avait qu’une vingtaine de personnes dans la salle. Je m’occupe aussi des tournées de Franck Dubosc. Toutes ces relations se sont tissées au fil des années. Quand ces artistes viennent en Belgique, ils continuent à travailler avec moi: Jean-Marie Bigard, Michèle Laroque et Chantal Goya. S’ils sont contents, ça signifie que j’ai bien fait mon travail.

Êtes-vous devenu ami avec certaines stars?

- Oui, bien sûr. Si je suis à Paris, j’en appelle parfois une et lui propose d’aller manger un bout à midi. Et parfois, quand un artiste vient en Belgique pour une émission télévisée, il me demande la même chose. Il y a toute une série d’artistes avec qui j’ai des liens privilégiés: Anthony Kavanagh, Éric Emmanuel Schmitt, Frédéric François, Hélène Ségara, Jean-Marie Bigard, Maurane, Michel Drucker, Patrick Fiori, Tina Arena et Michel Boujenah. Mardi, par exemple, j’ai mangé avec Frédéric François. Michel Drucker, lui, je le vois souvent à Avignon. Comme il habite par là, on se téléphone et on mange ensemble. Chez Michel Boujenah, j’ai même été en vacances.

Comment avez-vous rencontré Michel Drucker?

- C’est par le biais de son producteur, qui est un ami. Une fois, il m’a demandé: «Je m’occupe de Michel Drucker. On met en place une tournée. Ça t’intéresse?» J’ai accepté. À partir du moment où on rencontre l’artiste, une fois, deux fois, trois fois, dix fois, des liens se créent. En revanche, j’en côtoie certains depuis 20 ans, qui ne représentent que des relations professionnelles. Après le spectacle, chacun rentre chez soi, comme Julien Clerc. J’ai des relations tout à fait cordiales avec lui, mais professionnelles.

LP - équipe de rédaction

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