Vie locale - Jean-Luc et Béatrice changent de vie

Dans le monde de l’Horeca, Jean- Luc et son épouse Béatrice se sont fait une place et ont croisé de nombreux visages. Bien connus des tournaisiens, ils ont eu en main les clés du café « Le Paradis », situé sur la Place Saint- Pierre. Après 24 ans de gestion, le couple a décidé de passer le flambeau.

Arrivé dans le milieu par nécessité, c’est avec une certaine nostalgie que Jean- Luc retrace son parcours, empreint de coups aussi hasardeux que positifs : « J’ai commencé ma carrière en tant que gestionnaire dans une agence d’assurance, en 1972. Quelques années et restructurations plus tard, je me suis retrouvé sans rien et, avec un collègue de l’époque, nous avons décidé de reprendre le café « Le Soleil », situé sur la Grand- Place de Tournai. Ensuite, nous avons été gérants de plusieurs établissements dont le Kennedy et l’Hôtel du Parc, Place Reine Astrid ». En 1994, les deux compères se lancent dans leurs affaires respectives et c’est de cette manière que Jean- Luc et Béatrice ouvrent les portes du Paradis.

Les fruits du hasard

En poussant la porte du café longiligne, on ne peut que remarquer la présence du célèbre personnage d’Hergé. Mais si Tintin est omniprésent, il n’en n’est pas pour autant une passion pour le tenancier : « Beaucoup pensent que je suis un fan du personnage, un collectionneur. En réalité, il n’en n’est rien ! La décoration du bar a été réalisée car, il y a quelques années, un projet de rafraîchissement de la Place Saint- Pierre et du piétonnier devait avoir lieu. Il était alors prévu qu’un espace soit dédié à Hergé. J’ai donc voulu coller au thème lancé par la Ville de Tournai, mais au final, il n’a pas vu le jour. La décoration du bar est cependant restée et elle est devenue un peu la marque de fabrique du lieu », explique Jean- Luc, que bon nombre de jeunes appellent aussi Papa pour la simple et bonne raison que certains sont plus souvent au Paradis que chez eux.

Une double clientèle

Ce qui est particulier chez Jean- Luc et Béa, c’est leur double clientèle. La journée, des personnes habituées, des gens du quartier, ceux qui prennent leur café avant d’entamer leur journée. Le soir, le lieu devient le rendez-vous des jeunes tournaisiens. Ce succès, le couple le doit aussi à sa règle d’or : chez eux, tout le monde est le bienvenu. Mais comme dit Papa : « Si tu viens boire ta pinte ici, tu respectes l’autre et inversement. C’est la mentalité de notre établissement, c’est le café du peuple, des copains. Il y a une population très variée qui vient ici et je connais tout le monde de vue. J’oublie cependant les prénoms… J’ai donc ma phrase magique « Ca va m’petit ? ». Ça fonctionne toujours » sourit-il.

24 années de souvenirs

C’est avec émotion qu’il revient sur deux faits qui l’ont profondément marqué : « Il y a eu ce fameux soir de novembre, je n’oublierai jamais… Tous les cafetiers du quartier ont été victimes d’une bagarre qui a dégénéré. Ces casseurs ont créé un mauvais climat et l’image de notre ville en a été salie. Nous avons été injustement pris en défaut et punis par la restriction des heures de fermeture. Des collègues ont été obligés de licencier du personnel suite à cette baisse de fréquentation. Or, nous n’étions pas les responsables… Mais nous en avons payé les conséquences. C’est mon seul souvenir négatif durant toutes ces années. Par contre, une anecdote qui m’a vraiment fait rire, c’est qu’une tournaisienne partie en Erasmus au Mexique a rencontré un mexicain, lui-même ancien étudiant à Tournai. La première chose dont ils ont parlé, c’est de mon bar ! Certains clients globe- trotteurs m’envoient aussi des photos depuis le Japon, Londres… Dès qu’ils voient Tintin ou une écriture « Le Paradis », ils m’envoient une dédicace. Depuis mon bistro, j’en vois de tous les pays !».

Partis de rien, Jean-Luc et Béatrice ont réussi leur affaire au-delà du chiffre. Parfois à cran comme un patron peut l’être, Jean- Luc a parfois fait les grands yeux. Très souvent, il a souri, écouté, s’est réjoui des bonnes nouvelles apportées par les clients, du diplôme obtenu, du premier job trouvé, de l’agrandissement de la famille dignement fêtée. Ouvert en 1994, au lendemain de la deuxième édition de la fête de l’accordéon, Jean- Luc et Béatrice achèvent l’histoire comme elle a commencé : sur un air de fête et de musique populaire. Le bar rouvrira ses portes le 1er juin, sous la houlette de Martin Boucart qui a promis de ne pas toucher à l’âme qui fait du Paradis ce qu’il a été.

Emmeline Beirnaert - équipe de rédaction

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