Vie locale - Dire «oui» au don d’organes via internet

On chiffre à 1.300 le nombre de personnes en attente d’un don d’organe en Belgique. Malgré les formulaires «pour» donner ses organes en constante augmentation remplis par les citoyens, il y a encore çà et là quelques hics. Notamment lorsqu’aucun papier d’autorisation ou de refus explicite n’a été rempli par la personne préalablement à son décès.

Contraintes horaires

Pour accentuer les facilités des donneurs potentiels, Julie Fernandez Fernandez (PS) a déposé une proposition de loi à la Chambre, cosignée notamment par Willy Demeyer. Celle qui est également échevine de l’État civil à la Ville de Liège veut en effet profiter des technologies actuelles. Son idée est donc simple: «La proposition vise à permettre, via Internet, une déclaration de la volonté d’être ou non donneur d’organes, moyennant une authentification sécurisée par carte d’identité électronique ou par la combinaison d’un nom d’utilisateur/mot de passe.»

Et d’avancer les avantages que présenterait un tel dispositif en ligne. «Dans les faits, beaucoup renoncent à exprimer leur volonté dans la mesure où il est parfois assez contraignant de se rendre à l’administration de la commune où l’on est domicilié, aux heures accessibles pour le public. La majorité des citoyens qui travaillent durant les heures ouvrables de l’administration ou encore ceux qui travaillent dans une autre commune que celle où ils sont domiciliés, doivent prendre congé pour donner leur avis et se prononcent dès lors moins facilement sur le sujet», explique Julie Fernandez Fernandez.

En effet, actuellement, il faut aller faire enregistrer physiquement son formulaire «papier» à l’administration communale.

L’objectif de la députée est double: simplifier et sécuriser la procédure pour devenir formellement donneur d’organes. Tout en réduisant la charge de travail pour les services administratifs.

Refus de la famille

Un autre argument mis en avant par les auteurs de cette proposition de loi est d’éviter que le médecin se trouve confronté à un refus de la famille de prélever les organes du défunt, si celui-ci ne s’est pas manifesté clairement, dans un sens ou dans l’autre, au préalable.

«Le refus de la famille apparaît comme le second facteur, juste après la contre-indication pour motifs médicaux, pour lequel un don possible n’aboutit pas à un don effectif. En 2015, le pourcentage de refus de la famille tournait autour des 12%», explique Julie Fernandez Fernandez.

Qui veut donc «tirer profit de la technologie actuelle pour faciliter les modes d’expression de la volonté concernant le don d’organes.»

e-guichet à Liège

En Cité ardente, l’échevine de l’État Civil a lancé, fin novembre 2016, un «e-guichet», qui permet de commander en ligne, pour les citoyens, 16 documents différents (comme la composition de ménage, le certificat de domicile, le certificat de résidence, le certificat de vie, etc.) «Si la proposition de loi passe, explique Julie Fernandez, on pourrait donc devenir donneur d’organes via notre e-guichet, par exemple.»

Reste à voir désormais quel sort sera réservé à cette proposition, qui s’inscrit toutefois quand la droite ligne du gouvernement de favoriser la simplification administrative. Affaire à suivre.

L.M. - équipe de rédaction

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