Vie locale - Charles Brian, le dernier ancien combattant hutois

Toujours en forme, Charles Brian s’est rendu au monument aux morts ce lundi pour rendre hommage à ses camarades tombés au combat. Bien qu’entouré de plusieurs personnalités politiques et de jeunes issus de différentes écoles hutoises, le Hutois se sentait pourtant un peu isolé… À 92 ans, il est le dernier ancien combattant hutois. «Les comités et associations d’anciens combattants de Huy et Tihange ne compte plus de membres ayant combattu durant la 2e guerre» glisse-t-il.

Même s’il est le dernier, Charles Brian tenait à être présent ce lundi. «Je participe à toutes les cérémonies. Parfois, pourtant, je me demande pourquoi j’ai fait tout ça. À l’époque, on trouvait important de se battre pour sa patrie, pour la Belgique. À présent, avec tout ce qu’on voit, le séparatisme notamment, on a l’impression que ce n’est pas si important que ça…» Au début de la guerre, Charles Brian était encore aux études, à l’école de marine d’Anvers. À 19 ans, il a cependant dû stopper les cours et se cacher: «Les Allemands me recherchaient pour terrorisme. C’était une erreur, je ne faisais pas partie de la résistance contrairement à d’autres membres de ma famille. Pour ne pas être emprisonné, j’ai préféré disparaître.» En 1944, après la libération de Bruxelles, il s’est engagé dans la seconde brigade d’Irlande «La Fraternelle», il avait 20 ans. «J’ai suivi l’entraînement en Irlande, c’était très dur. Nous voulions prendre part au débarquement, mon frère Laurent, a débarqué à Honfleur, mais pour moi, c’était trop tard, à la fin du drill, la guerre était finie. J’ai été alors envoyé en Allemagne avec les forces de l’occupation pour surveiller les camps de prisonniers notamment.»

De retour en Belgique, Charles a cherché du boulot: «J’avais une âme d’aventurier. Avec ma femme, je suis parti au Congo où j’ai travaillé comme chercheur d’or. J’étais chargé de faire des prélèvements pour une société minière.» Devenu enseignant pour une société minière et père de trois enfants Charles a visité pas mal de pays d’Afrique avant de travailler en Algérie toujours comme professeur. Il est revenu à Huy en 1980. En dépit de ses tribulations, il a toujours gardé le lien avec les anciens des brigades d’Irlande. «Mais à présent, c’est la fin, cela aussi va disparaître regrette-t-il. En 1945, nous étions 4.500, 3.500 membres sont décédés, et nous sommes sans nouvelles de dizaines d’autres membres. À présent, nous ne sommes plus que quatre ou cinq actifs dans l’association. Nous allons supprimer notre bulletin trimestriel. Nous avons fait ce que nous avons pu avec nos moyens pour entretenir le souvenir… Je suis heureux d’avoir trouvé un jeune porte-drapeau qui prend le relais. La présence de jeunes à la cérémonie m’a aussi fait chaud au coeur.»

L.M. - équipe de rédaction

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