Vie locale - Il va danser en prison

Le cœur a pris le dessus sur l’esprit: voilà comment on pourrait résumer le parcours de Manu Di Martino (42). Ce Remicourtois vit pour la danse. «Adolescent, j’ai toujours suivi des concours de chorégraphies de breakdance et de smurf», raconte-il. «Je me suis dit que j’allais essayer la danse. Je ne me doutais pas que j’avais mis le doigt dans un engrenage.»

Début 2000, il se lance dans cette discipline, à Liège. En parallèle, il exerce la profession de biochimiste à l’ULg. «J’étudiais les mutations de l’ADN. À l’époque, on faisait notamment des tests pour détecter la dioxine», dit le Remicourtois.

Mais en 2004, alors qu’il commence à montrer ses premières chorégraphies, il quitte son travail. «C’était compulsif, j’avais besoin de me concentrer sur la danse», confie-t-il. Il choisit de devenir professeur de cours de danse.

Lui vient alors l’idée de monter sa propre compagnie, OKUS Lab, en 2004. «À mes yeux, c’est un label d’artistes», souligne-t-il. «La paperasse administrative a été pénible et lente, mais je m’y suis collé.» Il enchaîne les projets en tant que chorégraphe, tout en se perfectionnant dans les projections vidéos lors de spectacles.

En 2014, le Remicourtois rencontre deux danseurs qui l’accompagneront régulièrement lors de ses spectacles: Fabio Amato (29), alias «Neo», et Benoît Nieto Duran (27), alias Tuck. Ces deux jeunes artistes, qui font partie du groupe OPB, suivent justement une chorégraphie imaginée par Manu Di Martino pour son prochain spectacle qui se produira au Centre culturel d’Engis ce mardi. «Je voulais me lancer un défi: faire un spectacle où ne transparaît que le mouvement», explique-t-il.

Dans cette représentation minimaliste sur laquelle il travaille depuis 2015, seuls Fabio Amato et Benoît Nieto Duran seront sur scène pendant 45 minutes, pieds nus. Nommé Vision Pathway, ce spectacle pourrait passer par Waremme et Hannut, «mais c’est à confirmer.»

Un autre défi attend le Remicourtois, en mai cette fois. «Je participe à un spectacle dirigé par le chorégraphe marseillais Philippe Talard», confie-t-il. «C’est une performance extraordinaire qui se déroulera dans une prison des Pouilles, en Italie.» Dans cette œuvre, Manu Di Martino partagera la scène avec des danseurs venus d’Espagne, de France ou encore des États-Unis mais aussi une vingtaine de détenus! «J’y prendrai part comme vidéaste et danseur», dit-il. «Philippe Talard, qui est un ami, m’a proposé d’en faire partie. Je ne pouvais pas dire non.» Il ajoute être impatient pour ce projet. «C’est rare que je travaille pour quelqu’un. Ici, le côté extrême du projet m’attire vraiment», sourit-il.

Jusqu’à présent, le Remicourtois n’a pas songé à retourner dans sa profession de biochimiste.

L.M. - équipe de rédaction

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