Vie locale - Déchets: flop pour Liège, top pour Seraing

Le classement des meilleures et des moins bonnes communes en matière de collecte des déchets en région liégeoise (72 communes couvertes par Intradel) ne passe pas très bien du côté des autorités de la Ville de Liège. En effet, d’après les statistiques compilées, la quantité de déchets ménagers produits chaque année par un Liégeois est de 199 kilos. La moyenne générale étant de 136 sur la zone, tandis que le chiffre chute à 102 kg si l’on se penche uniquement sur les localités qui utilisent des conteneurs (gris et verts).

de 199 à 142 kg/an/habitant

Sauf qu’à Liège – 200.000 habitants–, on fait valoir ses arguments. «Ce chiffre de 199kg, c’est le poids total des sacs jaunes récoltés divisés par le nombre de ménages, en gros. Sans tenir compte des spécificités des grandes villes», souligne Marc Minet, chef de cabinet du bourgmestre de Liège, Willy Demeyer. Qui entend par là les étudiants qui vivent à Liège – et produisent donc des déchets – mais n’y sont pas domiciliés; les commerces plus nombreux qu’en périphérie, etc. Pour étayer ce constat, la Ville s’appuie sur d’autres chiffres. «Environ 5 millions de sacs jaunes sont distribués aux 100.000 ménages liégeois. Nous comptabilisons également deux millions de sacs jaunes supplémentaires vendus au détail. Justement pour ces étudiants ou ces commerces. Si on fait 5/7es de 199, on arrive alors à 142 kilos par habitant et on est clairement dans la moyenne», avance Marc Minet.

Qui ajoute qu’il faudrait, dans une Ville comme Liège, mettre trois types de collectes en place: garder les sacs payants pour l’hypercentre et Outremeuse, installer des conteneurs collectifs dans des quartiers densément peuplés, plus les conteneurs individuels là où c’est possible. «Cela aurait été ingérable, tout simplement.»

Pourtant, l’autre grande ville de la région liégeoise, à savoir Seraing (65.000 habitants), a mis en place les conteneurs sur l’ensemble de son territoire. Et malgré des débuts très difficiles, avec notamment une importante protestation populaire, les choses semblent payer. Le directeur d’Intradel, Luc Joine, l’a d’ailleurs mentionné. Depuis l’introduction des conteneurs, on est passé dans la Cité du Fer de «210 kg par an et par habitant à 123 kg pour les déchets ménagers résiduels.» Un choix que ne regrette pas Alain Mathot, bourgmestre sérésien. «Cela n’a pas été facile. Mais on doit assumer politiquement. Il y a des raisons environnementales: on doit trier toujours mieux nos déchets. C’était aussi l’occasion de tenter des expériences pilotes et de décrocher des subsides, comme ce fut le cas pour les conteneurs collectifs. Et puis l’objectif était de ne pas augmenter la facture des Sérésiens. Je rappelle que nous sommes une des seules communes à diminuer (-5euros) la taxe socle. Nous avons augmenté les levées supplémentaires, mais ce sont ceux qui ne trient pas qui sont pénalisés.»

Moins de dépôts

Autre élément important: la nette diminution des dépôts clandestins. Alain Mathot confirme: «Avant, avec les sacs et les étiquettes, certains les revendaient et allaient mettre leurs déchets dans les bois. Aujourd’hui, comme il y a un quota de déchets inclus d’office, ce n’est plus autant le cas.» Et de donner des chiffres: on est passé de 15 à 13 tonnes de déchets récoltées chaque jour à Seraing en ce qui concerne les dépôts clandestins et les poubelles publiques. Et de souligner que Seraing «est bien évidemment confrontée elle aussi aux problèmes spécifiques des grandes villes».

L.M. - équipe de rédaction

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