Vie locale - Océane «Il y a bien des coiffeurs, pourquoi pas des ardoisières?»

Le travail en hauteur, la pose de tuiles, les couvertures de toit, Océane Biron est tombée dedans quand elle était petite. «Je me souviens, elle montait sur les échelles, dans les arbres, venait travailler avec moi sur les chantiers, le week-end et durant les vacances», explique Olivier, son papa, qui est très fier.

C’est aussi une histoire de famille! Le papa d’Olivier était déjà ardoisier-couvreur, son fils a repris l’entreprise depuis 1990.

Et Océane semble suivre le même parcours. En effet, la jeune fille est en apprentissage pour devenir ardoisière-couvreuse.

Un métier qui, habituellement, est plutôt réservé aux hommes. «Il y a bien des coiffeurs, alors pourquoi pas des ardoisières?», s’exclame la jeune fille de 17 ans, marteau à la main.

C’est d’ailleurs sur un chantier dans la région de Ramillies (Brabant Wallon) que nous la retrouvons.

C’est aux côtés de son papa, pour lequel elle travaille, qu’elle pose une charpente. «Je m’étais lancée dans des études de bureau. Mais ça ne me plaisait absolument pas et puis, il y avait plein d’heures de langue», explique-t-elle. «Je m’ennuyais. Et puis, je voulais être au grand air. Ma maman n’était pas trop d’accord mais j’ai réussi à la convaincre.»

C’est ainsi qu’en septembre, elle s’est inscrite à l’IFAPME de Dinant dans la formation «couverture-zinguerie».

«Je me souviens, le premier jour, j’attendais devant la classe, les garçons sont arrivés et m’ont demandé si je ne m’étais pas trompé de classe», sourit-elle.

«J’ai souvent droit à des petites remarques, à des moqueries mais ça me passe au-dessus de la tête. Et puis, être une fille, ça peut aider à se faufiler dans certains recoins. Et on m’a dit que j’étais plus minutieuse aussi!»

Elle a entamé un cursus de trois ans, plus deux ans de patronat à raison de deux jours d’école, trois jours de chantier.

Sur les chantiers, les autres corps de métiers et les riverains sont étonnés de voir une jeune fille sur les toits.

«Ça attire le regard, les réflexions ne sont pas toujours discrètes mais ça me fait sourire. C’est certain que c’est un métier physique. Par exemple, les grosses poutrelles, c’est plus lourd à porter. Mais on n’est jamais seul sur un chantier. Et puis je n’ai jamais eu le vertige.»

Et ce n’est pas parce qu’elle exerce un métier d’homme qu’elle n’est pas féminine!

«Non, je ne suis pas un garçon manqué! Je porte des bagues, des jupes…»

Et une chose est sûre c’est qu’une place lui est réservée dans l’entreprise de son papa.

«Je n’ai jamais eu peur pour elle», souligne Olivier. «Elle a été habituée toute petite. Je me souviens quand elle était bébé et que je suis allé décrocher le coq de Petite-Chapelle. Je l’avais prise dans la nacelle et le prêtre m’avait obligé à la redescendre», sourit-il. «Jamais je n’aurais imaginé qu’elle se lance dans le métier.»

On ne parle pas boulot

En travaillant ensemble, c’est aussi une grande complicité qui s’installe entre le père et sa fille. «Elle me rappelle parfois à l’ordre! Mais je dois dire qu’elle travaille bien, elle apprend vite et puis, si elle fait des erreurs, on démonte et on recommence.»

Ensemble, ils sillonnent les routes de Belgique et de France pour réaliser des chantiers de centaines de m². «L’avantage d’apprendre si tôt, c’est que des notions de sécurité sont rapidement acquises. Très vite, il y a les choses à ne pas faire qui sont assimilées.»

Nul doute que l’avenir de la société familiale de Momignies est assuré.

NG - équipe de rédaction

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