Vie locale - Les arbres brûlés vont rester là!

Dimanche 30 avril, une partie de la réserve naturelle du Sart Tilman est partie en fumée. Selon les 1ères estimations, qui demandent à être confirmées, une vingtaine d’hectares pourraient avoir été détruits, sur les quelque 500 hectares que compte la réserve.

Les pompiers liégeois ont dû lutter plusieurs heures pour venir à bout du sinistre, aidés pour la circonstance par un hélicoptère qui amenait de l’eau puisée directement dans l’Ourthe.

Jean-Marc Lovinfosse est le technicien forestier chargé, pour le compte de l’Université de Liège, propriétaire du domaine, de la gestion de la réserve. «J’ai découvert le spectacle ce mardi matin. La première chose qui m’a frappé est la terrible odeur de brûlé», explique-t-il en parcourant les sentiers au milieu des cendres, dont certaines sont encore fumantes sous la pluie.

Pour Jean-Marc Lovinfosse, qui travaille ici depuis vingt ans, c’est une «première»: jamais encore, il n’avait vu un tel incendie, d’une telle intensité.

Des dégâts non chiffrables

À l’heure actuelle, la cause de l’incendie n’est pas encore connue précisément. Pourrait-il s’agir de l’imprudence d’un promeneur, d’une cigarette mal éteinte?

Quelle est l’importance des dégâts? «En fait, il faut bien savoir que la réserve naturelle du Sart Tilman, avec ses 500 hectares, est la plus grande de Wallonie. Et mon travail ne consiste pas du tout à gérer la réserve en décidant d’abattre certains arbres ou d’autres. En fait, dans une telle réserve, la nature est laissée dans une totale liberté. Mon intervention consiste à parcourir tous les sentiers de la réserve de manière à vérifier que la sécurité des promeneurs y est bien assurée

Ce qui veut dire que les arbres brûlés par l’incendie resteront sur les lieux. Pas question de les évacuer. Seuls les arbres encore debout et menaçant de tomber pourront être abattus. Les sentiers de promenades éventuellement coupés par des arbres pourront aussi être dégagés. Mais c’est tout.

Est-ce que cela signifie que les dégâts sont nuls? «En valeur financière, oui. Il n’y a pas d’intervention d’assurance. On va laisser la nature reprendre elle-même ses droits, exactement comme on l’a fait à la suite de la série de mini-tornades qui ont touché une partie non négligeable de la réserve du Sart Tilman au mois d’août dernier.»

À l’époque, en effet, ces tornades, très localisées et très violentes, avaient touché une superficie de l’ordre de 120 hectares.

En parcourant les sentiers, Jean-Marc Lovinfosse montre le collet, c’est-à-dire la partie basse du tronc d’un arbre, toute blanchie. «Là, la base a été bien brûlée et, comme on est en période de montée de sève, il va falloir surveiller de près cet arbre et les autres qui sont dans le même cas, car ils risquent de mourir.»

Ce qui pourrait alors présenter des risques pour les promeneurs et donc nécessiter des interventions humaines.

L.M. - équipe de rédaction

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