Vie locale - Good bye, Latoya...

Grand moment d’émotion dimanche 21 mai au Grand-Hornu où avait lieu la dernière journée de l’exposition de la photographe américaine Latoya Ruby Frazier. Intitulée «Et des terrils un arbre s’élèvera», cette superbe exposition évoquait en une soixantaine de clichés noir et blanc le vécu des mineurs mais aussi ce que les charbonnages ont laissé comme empreinte à notre région.

Pour la dernière journée de l’expo, le catalogue était enfin disponible. L’artiste américaine avait voulu ne publier ce catalogue qu’à la fin de l’exposition afin de compléter ce livre par les témoignages de mineurs et de leurs familles.

Latoya Ruby Frazier est d’abord une photographe très engagée. Issue de la vallée de la rouille aux Etats-Unis, elle n’a fait que dénoncer les excès du système américain basé uniquement sur les profits à court terme pour les entreprises. En évoquant le Borinage, elle a pu faire de nombreux parallèles avec sa région d’origine. Son message a évidemment été reçu cinq sur cinq au cœur du Bori-rage!

Le moment le plus touchant, le plus intense de ces adieux a surgi durant le discours d’Antonio Sestu, de Flénu. Antonio venait parler au nom de l’association «devoir de mémoire du fief de Lambrechies». Un accident dans cette mine de Quaregnon a tué 57 mineurs en 1934.

Les propos d’Antonio ont touché l’artiste américaine. Antonio Sestu a passé en revue l’histoire sociale et culturelle du Borinage. Il a rappelé toutes les visites de grands artistes dans le Borinage: Jean-Louis Sieff, Nijland, Kirk Douglas, Vincente Minelli, Luciano Emmer, Paul Meyer… et Latoya Ruby Frazier.

Avec beaucoup d’émotion, il lui a remis une lampe de mineur. L’artiste américaine était à deux doigts de sécher les larmes… Antonio Sestu a aussi remis à Denis Gielen, le directeur du MAC’s, un pic de mineur, cet outil avec lequel les ouvriers mineurs allaient chercher le charbon dans les entrailles de la terre.

Place enfin aux photos souvenirs, tant dans la cour d’entrée du Grand-Hornu, au pied de la fontaine de Pol Bury, que dans la cour principale avec comme décor la statue d’Henri Degorge, plus qu’un symbole. Enfin, toutes et tous veulent un selfie avec Latoya, qui se prête volontiers au jeu!

Prochaine étape Charleroi

Elle retournera chez elle, aux States, mais promis juré, elle reviendra en Belgique d’ici peu car elle veut faire le même travail à Charleroi. Ce ne sera sans doute pas la même chose car rien n’égale la chaleur d’accueil du Borinage!

LP - équipe de rédaction

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