Vie locale - Les astuces pour un habitat adapté aux seniors

«Nous passerons bientôt autant de temps à la retraite qu’en période active, ces 25 années seront-elles celles de l’ennui, de l’isolement, de la perte progressive du goût de vivre?» Telle est la question que pose l’ASBL Qualidom, observatoire des soins et services d’aide à domicile pour les personnes en perte d’autonomie dans le sud de l’arrondissement (Malmedy, Trois-Ponts, Stavelot, Lierneux, Stoumont).

Et cette question a le mérite d’être posée, en effet, comme l’indique Philippe Dutilleux, le président de l’ASBL, le vieillissement de la population va s’accélérer dans les prochaines années alors que les logements ne sont pas adaptés à ce phénomène. En cause, le baby-boom qui a eu lieu juste après la seconde guerre mondiale. «À l’heure actuelle, 17,8% des Belges ont plus de 65 ans, d’ici 2030/40, ce sera plus de 30% de la population qui aura atteint cet âge, soit une personne sur trois».

D’après lui, c’est maintenant qu’il faut commencer à s’intéresser à ce phénomène. «Je sors encore d’une réunion avec une trentaine d’aînés et tous veulent vivre le plus longtemps possible dans leur habitation, pas question d’aller en maison de retraite. Par contre, avec l’âge, la dépendance se fait parfois de plus en plus présente. L’aîné peut se sentir isolé, exclu socialement… C’est pour ça que nous avons édité le guide Habitat ami des aînés (HADA). Avec un tas de solutions pour les aider à garder du lien social», continue le président.

De l’intergénérationnel

Le guide HADA aborde tous les points auxquels il faut réfléchir quand on envisage de s’installer dans un lieu de vie adapté pour vivre son 3e âge de manière épanouie et y rester jusqu’à son dernier souffle.

Pour lui, il est tout d’abord important de choisir le lieu d’implantation de l’habitat. «Du côté de Charleroi, on dit qu’on veut vivre à la campagne mais ça peut parfois amener à l’isolement», indique-t-il. Il faut également être attentif à la conception architecturale et technique, la façon dont l’immeuble est pensé. «Mieux vaut y penser et aménager les facilités nécessaires avant d’en avoir besoin».

Mais le point sur lequel l’ASBL insiste le plus dans son guide, c’est l’intergénérationnel. «Il est important que des jeunes couples qui s’installent, des jeunes retraités et des personnes plus âgés vivent dans ces espaces car chacun à des compétences différentes à apporter», précise Philippe Dutilleux, médecin généraliste au quotidien.

L’aménagement d’espaces partagés (lavoir commun, salle de bien-être…) ou encore de facilités d’usage (mutualisation des abonnements, organisation des transports…), sont autant de possibilités que le guide propose.

Période de sensibilisation

Pour les communes, ça constitue une vraie boîte à outils. «Lors des prochains projets immobiliers qu’on va nous proposer, on sera notamment attentif à ça. On n’inclura sûrement pas toutes les mesures, mais on aimerait en inclure certaines pour l’autonomie des personnes âgées», insiste Elisabeth Guillaume, échevine de l’Urbanisme. Actuellement, aucun résidence HADA complète n’existe encore. «On commence à sensibiliser les gens et les pouvoirs publics, mais ça va venir», sourit Philippe Dutilleux.

LM - équipe de rédaction

Autres actualités à Vie locale

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Vie locale