Vie locale - «Hulot ministre,c’est un souffle d’espoir»

Pourquoi une distribution de graines à Theux?

C’est une action symbolique. Le but c’est de dire aux gens «réappropriez-vous votre nourriture». On est dans une époque de mondialisation, il y a le procès de Monsanto, énormément d’actions contre Bayer, il y a aussi le film Demain qui a montré pas mal de choses au niveau de l’agriculture… On a un peu l’impression que les gens viennent de découvrir ça, alors que la FAO (NDLR: l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) parle de souveraineté alimentaire depuis 1996, il y a plus de 20 ans.

Pourquoi est-ce que ça a pris autant de temps avant de devenir un sujet d’actualité?

Je pense que c’est un problème de conscientisation citoyenne. Aussi un problème politique, il y a peu de partis qui ont mis ça dans leur programme, qui en parlent, probablement parce qu’ils pensent que c’est secondaire. Mais aujourd’hui, il est temps d’en parler et d’agir. Changer nos habitudes est toujours compliqué. Quand on est dans un système, le nôtre est capitaliste et ultralibéral, on a un peu peur d’aller voir ailleurs ce qui se passe.

Que proposez-vous concrètement pour ça?

Il y a les marchés artisanaux, les circuits courts qui se développent grâce à des mouvements et des actions citoyennes. Mais c’est encore insuffisant. Il faut privilégier tout ce qui est local.

Les gens sont de plus en plus conscients de ça, mais il y a des freins en termes de facilité d’accès à ces produits… Comment améliorer ça?

Je pense qu’on va améliorer l’accès en agrandissant les réseaux. Effectivement, ce n’est pas facile de savoir qu’il y a un GAC (NDLR: Groupement d’Achat Local) à côté de chez soi… On a l’impression que c’est plus cher aussi que le supermarché, mais ce n’est pas toujours vrai.

Ne faudrait-il pas amener ce type de produits dans les supermarchés pour passer au cap supérieur?

Si le supermarché se l’approprie, ça peut aussi créer une certaine contradiction car le supermarché représente l’ultralibéralisme des politiques en place. Après c’est vrai que les supermarchés commencent petit à petit à avoir un rayon de produits locaux, mais ça reste très minoritaire.

Avez-vous l’impression que cette thématique est prise en main par les politiques au niveau local?

Il y a des choses qui se font. Par exemple à Theux, c’est le Syndicat d’Initiative qui a repris l’organisation du marché des produits du terroir qu’Écolo avait lancé. On voit qu’il y a une conscience communale, une coopération. Mais à part ça, les initiatives communales dans cette matière sont pratiquement inexistantes ici.

Que pensez-vous de la nomination d’un Nicolas Hulot comme ministre de l’Environnement?

C’est super-positif. Ça montre qu’au-delà du mouvement citoyen ça devient un mouvement politique, avec des gens qui ont une vraie conscience politique écologiste même s’ils ne sont pas nécessairement dans un parti écologiste. C’est hyperintéressant et… rassurant de voir qu’on n’est pas tout seul. C’est un souffle d’espoir. Mais maintenant on attend de voir ce qu’il va faire, qu’elle sera sa marge de manœuvre. Il y a aussi les écologistes qui ont gagné les dernières élections en Autriche. On voit qu’il y a quelque chose qui se passe en Europe, et je pense qu’on doit rentrer dans le mouvement.

En Belgique on voit qu’Écolo se porte bien dans les sondages, mais ça semble plus dû aux différentes affaires (Publifin, Kazakhgate…) qu’à la prise de conscience environnementale…

Non, je pense qu’il y a les deux aspects qui jouent. On va toujours à un moment donné récolter des électeurs déçus d’autres partis. S’ils viennent chez nous, j’espère que c’est parce qu’il y a quelque chose qui les intéresse. Écolo propose quelque chose de différent et de pertinent. D’autres partis proposent aussi quelque chose de différent, mais pas spécialement pertinent…

LM - équipe de rédaction

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