Vie locale - Didier Hamers a vidé son sac et secoué le Parlement

Éléments troublants

En plus de ces accusations, le désormais ancien vice-président de Publifin a exposé d’autres éléments troublants. Il explique ainsi que c’est son président d’arrondissement, Jean-Paul Bastin, qui lui a proposé d’entrer chez Tecteo, devenue Publifin-Nethys ensuite. Motif invoqué: ses compétences dans le monde de l’édition (il y travaille comme informaticien). Et mission: faire la clarté sur ce que M. Bastin percevait déjà comme une nébuleuse.

Pourtant, lorsqu’en septembre 2013 Tecteo se lancera dans le fameux rachat du journal L’Avenir, on fera tout pour l’écarter de l’assemblée décisionnelle. Évoquant un conflit d’intérêts, Pol Heyse et Dominique Drion finiront par le convaincre de donner procuration. Curieux pour un spécialiste justement entré chez Tecteo pour y démêler les structures. Il se dira ensuite «furieux et frustré» du mauvais tour qui lui fut ainsi joué. Mais trop tard.

La même phrase peut aussi s’écrire pour qualifier son enquête sur les comités de secteur. Il sera très vite contacté par Cédric Halin (l’échevin d’Olne qui a révélé le brûlot en décembre dernier), pour lui faire part de ses suspicions quant à de lourds dysfonctionnements qui s’y produisaient. Mais il finira par prendre M. Halin un peu en grippe. Et l’a laissé seul dévoiler le pot aux roses. Lui-même ne démissionnera de Publifin qu’en janvier dernier. De nouveau trop tard, donc.

Pourquoi n’avoir rien proposé pour changer les choses? «Rien proposé à qui? Ce n’était pas audible. Nos propres administrateurs dans les filiales sont inféodés à la filiale privée, Nethys, et ils y gagnent davantage que dans la structure publique», a-t-il rétorqué, un brin amer.

828 euros net

À sa décharge, Didier Hamers n’est pas un professionnel de la politique. L’essentiel de ses revenus lui vient de ses activités privées, même si Publifin lui laissait quand même un confortable «828,59» euros net par mois. Mais pas de quoi s’y intéresser à temps plein, bien entendu. Et surtout avec un appareil du parti qui, visiblement, n’entendait par l’aider dans sa mission de clarification des choses.

Sa conviction, c’est qu’il faut désormais rapatrier dans la coquille vide qu’est devenue Publifin les outils de contrôle sur les filiales privées ainsi que les activités régulées que sont le gaz et l’électricité.

LM - équipe de rédaction

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