Vie locale - Présidentielle en France: le Verviétois a voté antisystème

Élections pour du beurre, à l’initiative de l’Alliance Wallonie-France, du dimanche 10 au samedi 15 avril. Des membres du mouvement ont arpenté des marchés et des brocantes, à Ivoz-Ramet, Welkenraedt, Soumagne, Stavelot, Waremme et sur la Batte pour faire voter les passants pour un des onze candidats au premier tour de la présidentielle française. Une équipe est allée aussi à la rencontre d’étudiants en droit et en sciences po sur le campus du Sart-Tilman, dans les bibliothèques. Un périple qui s’est achevé ce samedi sur le marché de Verviers, sous un crachin qui n’incitait guère aux grands débats. Les dépouillements doivent encore être réalisés et nous aurons l’occasion de revenir sur les résultats. Mais quelques grands enseignements se dégagent déjà, estime Marcel Dehalu, un des volontaires se baladant avec urne et bulletins.

«On en a fait imprimer 10.000», explique-t-il. Néanmoins, les passants ne sont pas légion à vouloir noircir une case. Certains lâchent, en passant: «Tous les mêmes, Français ou Belges, que ce soit Publifin ou Fillon.» Un candidat de la droite qui provoque le rejet, dans la foulée du Pénélopegate. Christian, de Verviers, avait d’abord été conquis par son programme: «Mais maintenant, je voterais Mélenchon. Je le trouve marrant, lui». Mais bon, la capacité à faire rire n’est pas le premier critère retenu par tous. Dont Patrick Marichal, de Malmedy, qui regrette: «On n’a plus de grands hommes un peu partout en Europe, comme aux USA.» D’où la montée de populismes qui lui fait craindre l’émergence de régimes forts: «On a tous les ingrédients réunis pour que ça tourne mal, comme dans les années 1930.»

Le Pen séduit à Ivoz, pas à l’ULg

Souvent, constate Marcel Dehalu, les personnes sollicitées ont envoyé les sondeurs promener. Les plus diplomates avec une réflexion du genre: «Ici, on est en Belgique. La France, on n’en a rien à cirer

Parmi les votants, il y avait chaque jour au moins un Français. «Et à Welkenraedt, j’ai même fait voter un Allemand». Il ajoute: «On nous parle de Fillon et de son affaire, mais pas de celle de Le Pen. Les gens trouvent normal qu’elle soit attaquée parce qu’elle est antisystème.»

Henriette Havelange-Bonhomme, qui participe à l’opération, souligne que l’intensité du rejet des partis traditionnellement au pouvoir dépend des endroits. «C’est à Ivoz-Ramet, au marché, que le rejet a été le plus dur. On y aurait plutôt voté pour Le Pen», analyse Marcel Dehalu. Avec parfois une nuance: «Un monsieur m’a dit: au premier tour, je voterais pour Le Pen, mais pas au second».

À Verviers et sur la Batte par contre, la balance penchait davantage du côté de Mélenchon. Idem au campus universitaire, où beaucoup se disaient séduits par son discours, bien marqué à gauche.

Mélenchon incarne aussi un certain rejet d’un système politique. Sa popularité amène cependant certains à craindre qu’au second tour, les Français en soient réduits à choisir entre deux extrêmes: lui et Le Pen. Lesquels sont par ailleurs anti-UE et souverainistes, rappelle Marcel Dehalu. Se pose dès lors la question de l’avenir de l’Europe, qui concerne les Belges aussi. Une Union européenne que rejettent cependant certains sondés.

Bref, ce coup de sonde illustre un sentiment de révolte et un certain désintérêt pour la chose publique, avec un ton antisystème.

N’empêche, Jean Lasalle, qui incarne probablement le plus fort l’antiestablishment avec son profil de membre d’une famille de bergers, lui, ne semble avoir recueilli aucun suffrage…

LM - équipe de rédaction

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