Vie locale - Mieux produire et mieux utiliser le foin

Faire de l’herbe pour nourrir du bétail ne s’improvise pas.

Depuis vingt ans, l’ASBL Fourrages Mieux, basée aujourd’hui à Marloie, conseille les agriculteurs wallons pour que cette matière première fondamentale soit produite et utilisée au mieux. La prairie représente en effet 50% de la surface agricole utile en Région wallonne, et peut aller jusqu’à 95% en Haute Ardenne. Elle est donc fondamentale pour les stocks d’hiver et pour le pâturage en direct, du printemps à l’automne.

Cette ASBL est née dans la foulée de la régionalisation de l’agriculture qui avait vécu un siècle dans le même ministère fédéral avant de devenir ministère de l’Agriculture et des Classes moyennes.

Celui-ci s’est progressivement désengagé pour un ministère régional et d’autres structures. Il fallait toutefois combler ce qui avait disparu en termes d’encadrement et au niveau fourrages, il existait une multitude d’organismes de conseil, comme le Centre de Michamps, une cellule de recherche de l’Université de Liège, la station de Haute Belgique à Libramont.

Un Centre agricole regroupant tous ces organismes conseil, avec l’aval des syndicats agricoles, a ainsi été créé en 1997 avec Saint-Vith comme siège social.

Le budget de départ pour assurer coordination et suivi se chiffrait à 75.000 euros, ce qui était étriqué.

«J’ai cherché des moyens supplémentaires, se souvient Pierre Luxen, un des fondateurs et actuel administrateur délégué de l’ASBL. Nous avons ensuite obtenu des points APE et, en 2004, on s’est tourné vers la province de Luxembourg pour avoir un complément de financement pour payer les salaires. C’est en Luxembourg, qui octroie 30.000 euros par an, que la demande des agriculteurs d’informations est la plus forte: fertilisation de la prairie, valeur des engrais de ferme, désherbage, sur-semis…»

Utiliser moins d’intrants

«Pour nous, l’objectif principal est de produire des fourrages en valorisant d’abord nos engrais de ferme, de faire pâturer et récolter au stade idéal en fonction de nos spéculations bovines, de produire des fourrages productifs riches, persistants et résistants aux maladies, commente Christian Henquinet, agriculteur à Bras-Libramont et président de Fourrages Mieux. La prairie dépend donc de la gestion que l’agriculteur en fait. Aujourd’hui plus qu’hier, il y a une réelle prise en compte de la prairie car les éleveurs utilisent moins de granulés et de maïs. Par ailleurs, il faut obtenir le même rendement mais en utilisant moins d’intrants. C’est l’évolution la plus importante de ces vingt dernières années.»

Tout ceci se fait toujours en synergie avec d’autres partenaires situés partout en Wallonie. Les conseils donnés en termes de recommandations variétales suivent d’ailleurs le résultat de leurs essais effectués année après année.

13.000 visites par mois

Et si l’ASBL ne compte que 600 membres cotisants (à 5 euros l’an pourtant!), son site est visité de 12 à 13.000 fois par mois, ce qui montre l’intérêt des agriculteurs.

Par ailleurs, l’ASBL a reçu d’autres missions, comme la convention liée au gibier et à la faune sauvage. Il s’agit de calculer les dégâts et d’objectiver les données avec un logiciel spécifique.

En 2015, une autre convention s’est ajoutée, sur la valorisation des fourrages issus de terrains certifiés Natura 2000 et de prairies sous mesures agro-environnementales, en comparaison avec les prairies permanentes classiques.

Le vendredi 28 avril: journée portes ouvertes d’Agra-Ost. Démonstrations au sujet de la rénovation des prairies.

LM - équipe de rédaction

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