Vie locale - Les rues réservées au jeu s’essoufflent

À l’approche de la saison estivale et des grandes vacances, que diriez-vous de pouvoir fermer votre rue à la circulation automobile et de laisser vos enfants y jouer sereinement? Ce concept, c’est celui de la rue réservée au jeu qui n’autorise que les riverains à rouler au pas. Pour l’occasion (un week-end, deux semaines de vacances scolaires, etc.), des infrastructures de jeux peuvent y être installées, à condition que la zone ludique soit clairement identifiable par les différents usagers de la route. Autres critères: que la rue soit résidentielle et limitée, habituellement, à 50 km/h.

Encouragées aux quatre coins de la Région Bruxelles-Capitale en 2007-2008 suite au financement d’une campagne de promotion et de soutien menée par Inter-Environnement Bruxelles et le BRAL, un mouvement urbain pour un Bruxelles durable, les rues réservées au jeu connaissent, depuis un an, un certain essoufflement. «Certaines communes instaurent encore des rues réservées au jeu mais pas énormément», nous renseigne Erik Caelen, expert mobilité à Brulocalis, l’Association Ville & Communes de Bruxelles au service des pouvoirs locaux de la Région de Bruxelles-Capitale.

Un concept qui fait débat

Pour notre expert, cette tendance s’explique. «Les rues réservées au jeu sont balisées par des barrières amovibles. Il faut donc surveiller que ces dernières restent bien à leur place, ce qui engage la responsabilité de la commune mais aussi la participation de quelques riverains, ce qui fait parfois défaut dans l’une ou l’autre partie». Devant susciter l’adhésion de la majorité des habitants du quartier, ce type de rue est toujours loin de faire l’unanimité. «En théorie, tout le monde trouve le concept super mais, dès qu’il s’agit de sa propre rue, la plupart des gens se montrent réfractaires», poursuit notre expert.

La mesure est, en effet, souvent critiquée en cas de plaine de jeux à proximité mais aussi par crainte d’attirer les bambins des rues voisines, de générer du bruit ou encore de voir certains véhicules endommagés.

À en croire Erik Caelen, aucune commune bruxelloise ne serait plus encline à instaurer des rues réservées au jeu qu’une autre. «On se rend compte que le fait que la commune soit verte ou non, au sud ou au nord, ne pèse pas dans la balance», poursuit celui qui a travaillé plusieurs années au sein d’un cabinet ministériel.

Reprise dans le code de la route, la rue réservée au jeu permet de créer un nouvel espace ludique pour les enfants, ainsi qu’un lieu de rencontre supplémentaire pour les adultes et les seniors. «C’est une mesure qui va se développer dans les années à venir, notamment parce que des accidents graves impliquant des enfants ont encore lieu. Il suffit parfois de petites décisions pour changer les mentalités. On verra dans 10 ans où l’on en est».

L.C. - équipe de rédaction

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