Vie locale - Le fort de Tancrémont a ouvert son musée de la mémoire

Pour les gourmands, Tancrémont, c’est la tarte au riz. Pour les férus d’histoire, qui parle de Tancrémont entend «fort».Construit dans les années 1930, le fort de Tancrémont s’ajoute aux 12 forts de la position fortifiée de Liège. Ces 12 forts sont: le grand fort de Barchon, le fort petit d’Evegnée, le grand fort de Fléron, le petit fort de Chaudfontaine, le petit fort d’Embourg, le grand fort de Boncelles, le grand fort de Flémalle, le petit fort de Hollogne, le grand fort de Loncin, le petit fort de Lantin, le petit fort de Liers, le fort de Pontisse. Lors de la Campagne des 18 jours, dans les premiers jours de la Seconde Guerre mondiale, il fut le dernier fort belge à se rendre aux Forces allemandes.

Aujourd’hui, grâce aux «Anciens du Fort» et à un groupe de jeunes bénévoles, il se visite et est en très bon état avec son armement toujours sur place. Philippe Godin, Bourgmestre de Pepinster est un homme qui a à cœur les valeurs du passé et surtout est très attaché aux devoirs de mémoire. Depuis un certain temps, l’idée germait, pour bon nombre, de créer un musée. Mais où? Le fort en lui-même n’était guère propice à l’établissement d’un tel édifice. C’est pourquoi, en parfaite entente avec la commune de Theux, le musée a pu ouvrir ses portes à une centaine de mètres du fort, dans un bâtiment des plus confortable et accueillant pour les visiteurs. Dès la finition des travaux par les ouvriers communaux de Pepinster, l’inauguration a pu être réalisée.

Et là, on découvre non seulement un musée dédié à la Seconde Guerre mondiale mais aussi à la vie quotidienne pendant cette époque. Une dizaine de mannequins habillés de costumes d’époque, tant militaires que civils dans des décors plus que réalistes. L’on peut y découvrir des latrines et un atelier de menuisier avec les outils. Du matériel d’armement, d’artillerie (un canon sur roue), une pièce entièrement réservée à l’histoire du Fort et de ses hommes. Des photos retracent la vie des soldats, leur équipement et de leur quotidien. La vie de chaque jour est relatée au travers d’objets prêtés par «des anciens» ou tout simplement par des personnes qui veulent perpétuer cette mémoire ou la mémoire d’un membre de leur famille.

Petits et grands pourront découvrir les billets de banque de ces années-là, les pièces de monnaie. Les timbres de ravitaillement qui permettaient aux familles d’aller chercher de quoi «survivre»: c’est le ravitaillement. Le Belge moyen passera de 450 grammes de pain, prévus par notre gouvernement avant 1940, à 225 grammes de pain de seigle bluté à 80%, donc très gris et collant, 170 grammes de farine du même genre, 50 grammes de beurre et margarine, 500 grammes de pommes de terre, 30 grammes de sucre… par jour.

Nous disposons, pour vivre, de 1400 calories contre 2.300 à 5000 avant guerre. Ces chiffres sont théorie, car en vérité, ce sont les queues, les «ruptures» et la faim. Les laissez-passer qui permettaient le passage pour se rendre au travail.

Notons la présence à cette inauguration d’Alfred Dohogne, «le dernier» qui est toujours présent et qui comme il le dit « vit grâce à ses souvenirs et se doit d’être là pour lui-même, pour tous ceux qui ne sont plus là et pour son devoir de mémoire ».

À méditer.

Au mois de juin, le musée est ouvert le dimanche de 13h à 17h. À partir du mois de juillet, grâce aux bénévoles, il sera accessible tous les dimanches de 13h à 17h.

Angel - équipe de rédaction

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