Vie locale - Une Montoise sur Mars

Alors qu’elle entamait ses études de physique à l’UMons (après ses secondaires à Saint-Stanislas à Mons), Sophie Wuyckens rêvait déjà de participer à une simulation dans le désert de l’Utah. Après sa troisième année de baccalauréat à l’Université Laval, au Québec, la Montoise a décidé de poursuivre son cursus à l’UCL où elle effectue aujourd’hui sa dernière année de maîtrise dans le domaine de la physique des particules et de la cosmologie.

«Toute petite, explique Sophie, j’étais déjà intéressée par l’astronomie et tout ce qui touche à l’espace. J’ai été nommée comme l’astronome du groupe. Ce sont les responsables de la station aux Etats-Unis qui ont décidé que ce serait mon rôle.»

Les équipes appelées à vivre cette mission martienne au sein de la Mars Desert Research Station, au cœur de l’Utah, sont en fait sélectionnées par les Américains.

«Là-bas, chacun aura un rôle déterminé, poursuit l’étudiante montoise.Il y a par exemple une serre sur place. L’idée est: si on était sur Mars, comment procéderait-on pour faire pousser certaines plantes? Un pharmacien va étudier la dégradation des médicaments. Un informaticien sera chargé notamment de planifier nos sorties de même que nos expériences. Un ingénieur va pour sa part cartographier le désert de l’Utah à partir d’un drone, etc.»

Quant à notre physicienne, son travail portera sur la muographie, son sujet de mémoire. «C’est utiliser des muos, c’est-à-dire des particules qui proviennent du rayonnement cosmique. Cela nous permet par exemple de réaliser une radio de paysages ou de volcans. On utilise aussi la muographie pour étudier les structures géologiques.»

Sur place, chacun devra mener ses petites expériences, étudier au final comment cela pourrait se passer sur Mars.

«Par jour, nous ferons une sortie de trois heures par équipe de quatre. Ce sera très physique notamment à cause du poids de l’équipement. Chacun portera bien sûr une combinaison et un scaphandre.»

Il faut en effet tenir compte des contraintes de type Mars: dans ce désert situé à l’ouest des Etats-Unis, l’équipe devra évoluer dans un espace confiné, utiliser des combinaisons spatiales et se nourrir d’aliments lyophilisés…

Avec le soutien de la NASA

Précisons que ce programme de recherche est soutenu par la NASA et par la Mars Society, une association américaine visant à promouvoir l’exploration de Mars auprès du grand public.

Évidemment, ce voyage représente un coût, évalué à 20.000 euros, que les huit participants belges ont dû réunir… «Nous avons pu compter bien sûr sur une intervention de l’UCL et de nombreux autres sponsors. Il faut payer les billets d’avion mais aussi la station sur place…»

À quelques jours du décollage pour cette mission martienne, dans quel état d’esprit la jeune Montoise se trouve-t-elle?

«Je suis tout de même un peu stressée, avoue Sophie, car il reste encore beaucoup de choses à faire. On travaille notamment sur un détecteur pour mener des expériences de muographie sur place. Si celui-ci fonctionne comme je le souhaite, ce sera une grande victoire personnelle…»

Pour ces étudiants et chercheurs de l’UCL issus du domaine des sciences et sciences appliquées, cette simulation dans le désert de l’Utah sera aussi au final une expérience psychologique.

L.P. - équipe de rédaction

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