Vie locale - Chez les Bouh-Tot-Djus, à l’Union et à la Malmédienne, les rôles se préparent toute l’année

« Nous n’aimons pas trop parler des anecdotes choisies pour garder la surprise. Car jusqu’à la dernière minute, le lundi, la personne qui fait l’objet d’un rôle ne le sait pas… » Olivier Gerardy, secrétaire des Bouh-Tot-Djus, a tout de même accepté de lever le voile sur la thématique choisie cette année par les rôleurs: ils emmèneront les Waimerais dans l’univers des Schtroumpfs, à la sauce locale, bien entendu! « Il y a des spécialistes qui se retrouvent chaque année dans les rôles. On ne cite jamais le nom de famille des personnes, uniquement le prénom, mais celle dont on parle se reconnaît de toute façon », assure Olivier Gerardy.

C’est toute l’année que l’équipe des Bouh-Tot-Djus, composée de 12 rôleurs, réfléchit à ce qui pourra animer son spectacle. « Chez nous, c’est écrit à plusieurs. Chacun peut écrire un rôle ou un chant s’il le souhaite.» Sur leur scène, chants, textes récités et sketchs s’alternent pour composer le scénario tissé au fil des bourdes vécues par leurs concitoyens. « Pendant l’année, on organise des réunions pour voir si les gens ont entendu des choses. Mais ça se fait aussi naturellement: les gens du village viennent nous raconter quand ils ont entendu une bonne bêtise. »

Olivier Gerardy espère que la tradition perdurera à Waimes: « C’est une société où on ne se prend pas la tête, on vient pour rigoler. J’aime beaucoup cette ambiance et surtout, de faire rire les gens! »

Le cabaret made in Gehlen

Les rôleurs de la Malmédienne ont choisi d’emmener les spectateurs dans un cabaret imaginaire construit sur le site d’Intermills… « Ça s’appelle Lu point G, en référence à l’entrepreneur Roger Gehlen, raconte Marc Dewart. Il investit beaucoup à Malmedy et construit plein de trucs originaux, alors pourquoi pas un cabaret? » Tout au long de l’année, il laisse les idées pointer le bout de leur nez. « Quand on pense à quelque chose, on le note, puis Dimitri Waty et moi réfléchissons à un premier scénario dans lequel nous essayons d’intégrer des ingrédients comiques. »

Cela fait trente ans que Marc Dewart monte sur le char et de nombreuses années qu’il écrit les rôles pour la Malmédienne. « Ça me plaît de laisser place à la créativité, de faire vivre le wallon et cette tradition. Mais ce n’est pas toujours évident de faire vivre 20 personnages sur scène! » Ces trois groupes de rôleurs sont animés par la volonté de faire vivre leur tradition et la passion du wallon, mais ils rencontrent aussi les mêmes difficultés. « Un des enjeux sera de trouver des successeurs. Ceux qui parlent wallon sont rares et ceux qui sont capables de l’écrire en vers de huit pieds, avec des parties chantées, ça ne court pas les rues. »

Réaudition des rôles des Bouh-Tot-Djus le 16/02 à la salle Oberbayern, de la Malmédienne le 17/02 à la Fraternité et le 23/02 à Géromont, et d l’Union le 16/02 à Chôdes et le 24/02 à la Fraternité.

Élodie Christophe - équipe de rédaction

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