Vie locale - Faire du théâtre pour être acteur de sa vie

Angelo Pitzus, comédien-animateur, confie d’emblée: «Je n’aurais jamais cru à une telle longévité.» Il retrace ensuite avec application l’historique de la troupe.

Tout débute en 1976 avec Lisbeth Derede au sein de l’usine Siemens de Baudour qui vient d’annoncer sa fermeture. 250 ouvriers, principalement des femmes, occupent les installations l’usine. Parmi elles, Lisbeth Derede donc qui monte une pièce de théâtre avec d’autres ouvrières. Elles entendent partager leur combat et relayer leurs revendications. Deux hommes se joignent au mouvement : Georget Mourin (Lisbeth finira par devenir son épouse) et Angelo Pitzus, l’actuel trésorier, l’ami indéfectible qui poursuit le travail depuis la mort de ses deux amis, épaulé par la fille du couple, Gaëlle et le reste de l’équipe.

Au fil des années, de très nombreux spectacles ont vu le jour: Le grand sorcier, Sous les chômières, Je me soigne, etc. Les premiers spectacles-animations autonomes du Théâtre du Copion sont écrits pour un seul comédien et parlent du racisme, de la femme, et sont joués dans les écoles les plus isolées, des maisons de jeunes, ou encore pour des comités de quartier.

Et puis, le travail se peaufine, se professionnalise et se fixe d’autres objectifs en plus de la création de spectacles: proposer des animations dans les écoles, les maisons de jeunes ou de quartier, assurer l’aide au développement par le théâtre-action, ainsi que des formations aux techniques théâtrales et d’écriture. Et surtout aller à la rencontre des publics fragilisés et de ceux qui peuvent sortir de leurs difficultés en se servant du théâtre comme tremplin. «En plus de trente ans, ce sont entre 18.000 et 20.000 personnes qui ont été approchées lors d’ateliers, d’animations ou de spectacles», comptabilise Angelo.

Avec des retombées humaines assez importantes, comme il le confie : «Parmi les participants, nombreux sont ceux qui nous avouent qu’après notre travail en commun, ils avaient eu un déclic, l’envie de reprendre enfin leur vie en main. Que ce soit pour trouver un boulot ou pour dire «non» aux violences conjugales qu’ils subissaient, par exemples.»

Il poursuit: «Parfois, on arrive dans une école et on se trouve devant des jeunes avachis sur leur table de travail et, au fil des rencontres, des jeux, on les fait passer d’un statut de spectateur passif à celui d’acteur actif, qui a envie de prendre la parole, de participer, de faire quelque chose, de se mettre debout, devant ses camarades, en sachant qu’il fera peut-être l’objet de rires mais qui sera porteur d’une parole, pleine d’espoir et forte d’oser enfin s’affirmer.»

Pour lui, il ne fait aucun doute, encore moins avec toutes ses années d’expérience, que le théâtre peut influencer positivement la vie des gens. le théâtre est une ouverture sur le monde. Mais pour y arriver, il faut des outils à disposition de ces publics dit «fragilisés». Et ça, c’est la mission du Théâtre du Copion depuis plus de trente ans.

Théâtre du Copion, 112 avenue Goblet à Baudour. Téléphone 065/ 64 35 31 –

Courriel? theatreducopion@gmail.com

Sandra Zatloukal - équipe de rédaction

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