Vie locale - Pierre-Arnaud Perrouty: «Les droits humains sont en régression»

Pierre-Arnaud Perrouty, 45 ans, a pris la direction de la Ligue des droits de l’homme (LDH) le 1er février dernier. Juriste de formation, il a été, durant 8 ans, le directeur international du Centre d’action laïque. «Je traite de laïcité au sens large mais ce sont surtout des sujets qui concernent les droits de l’homme et donc ça se rejoint bien.» Ce Bruxellois, n’est pas sans expérience au sein de la LDH, puisqu’il est déjà membre du conseil d’administration. Pierre-Arnaud Perrouty y a également travaillé comme juriste il y a 10 ans. «J’y reviens parce qu’il y un aspect d’enjeux sociopolitiques qui pour moi sont essentiels maintenant», explique-t-il. Son rôle de directeur, Pierre-Arnaud Perrouty l’envisage comme membre d’une équipe. «J’ai envie d’être proche des gens avec qui je travaille, ce que j’aime à la ligue c’est qu’au quotidien il y a assez peu de hiérarchie, on travaille aussi bien avec des salariés qu’avec des bénévoles pour mener des projets», nous raconte notre interlocuteur.

Les principaux combats

Au centre de ces enjeux, la question des migrants. «La politique migratoire menée par Théo Francken (N-VA), le gouvernement belge et l’Union européenne viole les droits fondamentaux», affirme-t-il. «Les migrations ont toujours existé et existeront toujours. Ce ne sont pas des refus de visas ou des contrôles de police qui vont changer ça», pense-t-il. Le nouveau directeur de la LDH à le sentiment que, même à la tête de l’État, on ne ressent pas le souci de respecter les droits humains. «Quand Théo Francken, décide d’expulser des gens vers le Soudan en sachant que le président est poursuivi devant le Cour pénale internationale, en sachant que plusieurs ONG ont publié des rapports qui dénoncent des tortures dans ce pays, non seulement c’est moralement scandaleux mais en plus c’est juridiquement interdit.»

Pierre-Arnaud Perrouty en est persuadé, les droits humains sont plus que jamais en régression. «Il y a un sentiment de crise et d’urgence dans l’esprit des politiques qui, pour aller au devant des besoins de la population, vont serrer la vis sur une série de lois au détriment des droits fondamentaux.» Il cite les lois antiterroristes, le recoupement des données privées ou encore les conditions d’accès à des droits sociaux.

L.C. - équipe de rédaction

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