Vie locale - Felipe Martinez met les textes en lumière

Cette passion, elle lui vient - indirectement - de son enfance : « A l’école primaire de Bilbao, en Espagne, j’ai été initié à la belle écriture avec les titres des problèmes en gothique ornementale, les énoncés en ronde et les solutions en anglaise», se souvient-il.

Plus tard, ses voyages culturels dans de très nombreux pays en tant que coopérant volontaire lui donnent le goût de la culture orientale. Pourtant, c’est seulement à un âge très avancé qu’il se tourne vers l’art: «Je venais de perdre mon travail à Alcatel Charleroi et je me suis retrouvé avec beaucoup de temps libre.»

L’homme - il a été technologue en microélectronique - s’essaie d’abord à l’aquarelle. Il confie : «De par mon caractère et ma profession, j’ai toujours été très méticuleux, je fignolais chaque chose mais l’aquarelle est une discipline qui demande plus de spontanéité et moins de méticulosité.» La gouache répond davantage à ses attentes. Elle est un préambule à ce que nécessite l’enluminure.

«L’aquarelle mène à la calligraphie et la calligraphie mène à l’enluminure», résume-t-il. La semence était prête à germer. Sa rencontre avec Michel Gouttebarge (calligraphe, enlumineur et parchemineur renommé, originaire de Pry-lez-Walcourt et décédé en 2008) va donc être déterminante. Felipe Martinez, malgré les années qui passent, ne cache pas toute l’admiration et l’affection qu’il lui porte : «Il était très créatif, il aimait explorer. Il maniait la calligraphie avec une telle aisance. C’est lui qui m’a initié aux méthodes ancestrales.»

Oui, parce que Felipe Martinez est un puriste, il travaille tout de A à Z : la fabrication du parchemin à partir des peaux de chevreuil fournies par un voisin chasseur, la réalisation des encres de calligraphie, les peintures, les pigments. Il garde en tête une œuvre réalisée au Moyen-Age et qui malgré les années n’a pas bougé d’un iota: «On aurait presque dit qu’elle avait été réalisée la veille».

Ce qu’il a appris en tant qu’autodidacte ou aux côtés de Michel Gouttebarge, il le transmet aujourd’hui à ses élèves. Depuis deux ans, dans sa propre maison, il enseigne ces arts ancestraux à une poignée de passionnés. Ses cours sont ouverts à tous. Mais il ne le cache pas : pour parvenir à quelque chose, il faut s’accrocher. «C’est comme pour la musique, on fait ses gammes jusqu’à ce que les notes vous rentrent dans les doigts.» Il ajoute : «Il faut faire preuve d’un minimum d’aptitudes, comme être sensible à ces techniques, avoir une âme d’artiste, savoir choisir ses couleurs.» Ne pas se décourager, prendre le temps pour «recommencer, recommencer et encore recommencer jusqu’à ce que le résultat soit beau», conclut-il.

Cours chaque 3e samedi du mois, de 9 h à 12 h 30 au 35a, route de Salles à Bailièvre.

Téléphone ? 060/214843

Courriel ?

fmartinezriosmc@gmail.com.

Sandra Zatloukal - équipe de rédaction

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