Vie locale - Lisette Lombé: la voie du slam

Romaniste et diplômée en médiation, Lisette Lombé a d’abord été professeur de français puis enseignante dans le secteur de l’insertion socio-professionnelle. Victime d’un burn-out en 2015, elle revoit ses priorités et se découvre un nouveau talent. « J’étais sans cesse en position d’écoute, je ressentais une fatigue, un désenchantement ».

Lors d’une commémoration de la mort de Patrice Lumumba, elle a l’occasion de monter sur scène et de dire un texte. C’est la révélation. « On m’a dit que cela ressemblait à du slam. Je me suis inscrite à un concours et ma vie a changé… ».

Forte de son expérience, elle écrit un livre, «La Magie du burn-out» aux éditions Image Publique, pour déconstruire le burn-out et donne des conférences dans des lieux culturels comme les Chiroux.

Après une formation et des séances de coaching avec Rosa Gasquet, metteuse en scène, elle anime des ateliers d’initiation au slam dans les écoles ou dans des associations. « Le slam, c’est de la poésie. On travaille tous les registres de la langue. On apprend à utiliser la métaphore, à trouver la singularité de sa voix. Il y a aussi tout le travail des arts de la scène. Il faut assumer ses mots devant un public ».

Le slam a ses règles: c’est un texte de trois minutes qu’on a écrit soi-même, dit en public a capella, sans décor, ni costume, ni accessoire.

Les thèmes de prédilection de Lisette Lombé tournent autour des identités. « Mère belge, père congolais, je suis une métisse née à Namur mais ma couleur de peau me renvoie toujours à ma partie noire ».

Elle écrit aussi de la poésie érotique et mère de trois enfants, s’intéresse à la parentalité ou aux droits des femmes. « Le slam permet de communiquer. C’est un médium qui réinjecte de l’humanité, de la connexion entre les cœurs ».

Cotoyenne du monde…

Du Congo au Sénégal en passant par l’Irak, le Rwanda et le Maroc, Lisette a beaucoup voyagé pour transmettre sa passion de la poésie. « Le slam m’a permis de trouver ma place, de remettre du sens dans ma vie. J’essaye de redonner confiance aux gens, de booster leur créativité ».

Son prochain projet, après le Festival Voix de Femmes, se nomme «Congo Eza». Il regroupe « Trois Belges qui n’ont pas des têtes de belges » Badi, rappeur, Joelle Sambi slameuse et elle-même. Ils joueront au Bozart en février puis à Avignon en mars.

Depuis août, Lisette Lombé est citoyenne d’honneur de la Ville de Liège. Elle en est fière même si elle continue à se battre pour que le statut d’artiste soit mieux reconnu.

Facebook.com/lisette.lombé

info@lisettelombé.com

Tél.: 0494 15 26 85

Nadine Romieu - équipe de rédaction

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