Vie locale - Geluck: « 2017, l’année où l’homme de Néandertal a pris le pouvoir ! »

L’année 2017 est-elle un bon cru ?

Me concernant, oui ! Cela a été une année dense car je suis retourné dans la presse : au Soir à Bruxelles, dans Le Parisien Week-end en France. Et puis, je suis à fond dans le projet du Musée du Chat qui est LE grand projet de ma vie.

Qu’en est-il de ce Musée du Chat ?

Les plans sont quasiment finis et vont être présentés au ministre-président Rudi Vervoort. Après, il y aura les demandes de permis. Et si tout s’enchaîne comme il faut, les premiers travaux devraient commencer pour 2019.

Quand pourrait-il ouvrir ses portes au public ?

Le site se trouve entre les Beaux-Arts, le BIP (Brussels Info Place) et le Coudenberg. L’entrée se fera par le 6 de la rue Royale. Le Musée du Chat devrait être inauguré pour fin 2020. Il s’étendra sur plus de 3.000 m² avec une zone d’accueil, un restaurant, une boutique et des bureaux. Il se composera de trois parties : l’une se dédiera au Chat, une deuxième accueillera des expositions temporaires consacrées à des dessinateurs humoristiques et il y aura un musée spécifiquement dédié à l’animal, au chat et ses différentes représentations depuis l’Antiquité. Les lieux devraient porter le nom complet de Musée du Chat et du Dessin d’humour.

Revenons-en à 2017 ?

La première chose qui vient à l’esprit, ce sont toutes les tragédies mais ce n’est pas trop le moment d’y revenir. Sinon, c’est quand même l’année Trump. Cela restera à jamais gravé dans les annales de l’évolution humaine : ‘le Néandertal est parvenu aux commandes de la nation la plus puissante au monde’. Et comme pour le Nord de notre pays, on espère que cette race va s’éteindre et que l’Homo sapiens va reprendre les commandes de notre grand vaisseau.

Et pour 2018. Des prévisions, des craintes ?

Personnellement, en termes de résolution, je vais essayer de me mettre en retrait médiatiquement afin de me consacrer sur le dossier du musée. Mais je fais ce vœu chaque année. Sinon, pour la situation dans le monde, je ne me berce hélas pas de beaucoup d’illusions. Malgré tout, j’essaie de faire le bien là où je le peux. Notamment à travers mon métier. Je m’investis à travers des projets solidaires comme l’asbl Doucheflux à Bruxelles dont je suis le parrain. Elle offre des douches aux sans-abri. Je suis aussi le parrain de L’Essentiel, une maison pour handicapés cérébraux située en dehors de Bruxelles. Je m’investis aussi pour des dizaines d’autres associations : j’offre des tableaux, des dessins, du temps, de l’argent… Cela fait partie de mon ADN. A travers mon métier, j’essaie d’apporter du rire, de la réflexion...

Qu’en est-il de ce dernier album ‘Chacun son Chat’ ?

Mon premier album est sorti en octobre 1996. Et depuis, il sort un livre par an. Toujours à la même période. C’est devenu une tradition. Ce serait impossible de le sortir à un autre moment, les gens ne comprendraient pas. Beaucoup l’attendent pour l’offrir car ils savent déjà à qui il fera plaisir. Celui-ci, c’est sans doute un des plus féroces avec des dessins d’actualité sur Trump, les kamikazes, le mariage forcé pour les gamines… Le Chat distribue des coups de boule à gauche et à droite. Il est encore plus libre qu’avant.

A quel moment dessinez-vous ?

Entre 9h et 19h, mais pas de 9h à 19h. Et seulement les jours de la semaine. Je suis très carré dans mes horaires. Je m’impose des heures de bureau. Je me suis formaté à cette façon de faire car ma priorité a toujours été ma vie privée : ma femme, mes enfants, ma famille. J’ai toujours voulu mener une vie normale et ne pas imposer mes tourments artistiques à mes proches. Et cas d’idée, je la note pour le lendemain. Je ne vais pas me lever pour dessiner. Je préfère consacrer la nuit à dormir pour être en forme au matin. Mais c’est vrai que si j’ai une idée et que je ne la note pas, elle peut se perdre. Je la note sur un papier, sur mon iPhone. Par contre, pour dessiner, c’est toujours sur du papier. Contrairement à d’autres dessinateurs, je reste un amoureux inconditionnel de la feuille de papier.

Comment décririez-vous Bruxelles ?

Je suis né à Bruxelles et j’y vis encore après un passage dans le Brabant wallon. C’est un immense bordel, dans le sens du désordre. Mais comme pour ma table de travail, on y trouve instantanément ce qu’on cherche.

Des lieux de prédilection ?

Quand j’accueille un étranger, je lui fais découvrir la Grand-Place. C’est la première chose qui vient à l’esprit de tout le monde. Mais après ? Et là, grand silence ! On cale. Certains vous diront l’Atomium, mais il faut 1h pour y aller. Et puis, en réfléchissant, il y a plein d’endroits à découvrir en partant du Sablon, de Saint-Géry. Il y a de belles rues à Schaerbeek, autour du Châtelain. Mais c’est vrai qu’on n’en trouve pas de spectaculaires comme à Paris ou à Londres. Il y a aussi les Galeries du Roi, de la Reine et des Princes. Mais dès qu’on les quitte, on tombe sur un chantier. Et puis, bientôt, il y aura le Musée du chat. Enfin, j’espère…

Propos recueillis par Julien SEMNINCKX - équipe de rédaction

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