Vie locale - L’antichambre d’Auschwitz

Aujourd’hui, la caserne abrite un mémorial et jouxte un musée spécialement construit pour mettre en parallèle l’histoire de la persécution et de la déportation en Belgique et l’actualité du racisme, de la discrimination et de la violence de groupe. L’analyse de l’antisémitisme belge, favorisé par le conservatisme catholique des années 1930, et de la docilité de l’administration, qui aida les nazis à exclure les Juifs de la Nation et à les répertorier en vue de leur extermination, est particulièrement instructive. La connaissance de ce mécanisme et de cette responsabilité historique (qui fut longtemps déniée et l’est encore par certains) doit servir d’avertissement: ce qui a été se reproduit. Dans une interview récente, l’éthologue Boris Cyrulnik insiste par exemple sur le rôle actuellement joué par l’élévation d’un «barrage de la croyance»: on utilise un dieu pour légitimer la mise à mort de ceux qui croient à un autre dieu. L’exposition évoque aussi la résistance et notamment l’attaque d’un convoi ferroviaire qui avait quitté Malines en avril 1943 avec 1631 déportés. Trois résistants parvinrent à le stopper et 231 prisonniers s’échappèrent. On se souviendra qu’un Stavelotain d’adoption, le peintre Marcel Hastir, apporta son concours à cet acte d’héroïsme unique dans l’histoire de la shoah. En organisant la visite de cette antichambre d’Auschwitz, la Maison de la Laïcité a souhaité une nouvelle fois rappeler que le savoir et l’engagement citoyens sont indispensables à la défense de la liberté.

Patrice Lefebvre - équipe de rédaction

Autres actualités à Vie locale

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Vie locale