Vie locale - Viviane Bouhon: une passion pour la sérigraphie

Même si l’art l’a toujours attirée, Viviane n’a jamais été encouragée à suivre cette voie. Pourtant elle a épousé 2 artistes. Son 1er mari était comédien et le père de ses enfants était peintre, mais au cours de cette période, elle ne pense pas à la création, elle reste plutôt dans l’ombre de compagnons artistes. Cependant, elle lit beaucoup de livres sur l’art, s’intéresse aux biographies d’artistes. Enseignante dans le secteur pédagogique, auprès d’institutrices maternelles, elle s’intéresse à la littérature enfantine et à ses superbes illustrations. Toujours cette attirance pour l’esthétique.

À 47 ans, une épreuve va changer sa vie. Elle doit se battre contre un premier cancer. Elle entame alors une psychothérapie qui lui permettra de faire le point sur sa vie. Elle se rend compte qu’elle s’est un peu oubliée. « Le cancer a été comme un révélateur. J’étais sous l’emprise d’un mari égocentrique, qui profitait de l’argent que je gagnais. On avait des dettes, cela devenait inextricable. J’ai fini par divorcer ». Elle continue courageusement son chemin avec ses 2 filles, quand de nouveau, le cancer se rappelle à elle, à 60 ans. Encore une fois, elle doit se battre, affronter les séances de chimiothérapie.

Pensionnée et enfin guérie, elle s’inscrit à Saint-Luc en cours du soir de sérigraphie. À l’époque, elle réalise déjà des collages. « Une collègue m’avait parlé de cette technique. Cela m’attirait. Aujourd’hui à 67 ans, je sens que le temps est compté. Je veux vraiment m’investir dans ce que j’aime ». Au bout de 3 ans de cours du soir, Viviane peut enfin s’adonner à son art. Elle a trouvé un atelier au rez-de-chaussée de son appartement. « Quand j’y travaille, je suis bien. Si j’ai des angoisses, je vais dans mon atelier ». Malgré tout, Viviane reste une incorrigible optimiste. Grâce à Saint-Luc, elle a trouvé un groupe d’amis fidèles, artistes comme elle aujourd’hui, avec qui elle a initié la Galerie 23 sur le boulevard de la Sauvenière. Dans son atelier, elle enduit son châssis d’une émulsion spéciale qui séchera au contact des UV et laissera apparaître sur la feuille le dessin réalisé sur le typon. Passé au jet d’eau, le châssis sera ensuite recouvert d’encres de couleur selon l’effet désiré sur le support. « Je ne sais pas dessiner, alors je vais chercher des images sur Internet ou j’utilise les contours de photos sur mes typons. J’utilise aussi beaucoup Photoshop pour superposer des images que je fais imprimer et qui serviront de trames à mes toiles. Je suis venue à l’impression digitale par la sérigraphie ». On sent en tout cas un grand sens artistique chez Viviane notamment dans l’organisation esthétique impeccable de ses toiles. « Je n’ai jamais d’idée très précise lorsque je commence une toile, même si j’y pense beaucoup. Je me lance et il vient toujours un moment de doute où je me dis que je ne vais pas m’en sortir et puis quelque chose se déclenche et je repars. Si c’est raté, ce n’est pas grave, je recommence ». Viviane s’applique et sa joie de vivre éclate dans ses tableaux aux couleurs vives. « J’aime que ce soit joyeux, j’essaye que ce soit beau, que les gens y voient des choses qui leur parlent ». Pari réussi pour cette Liégeoise qui rêvait d’être une artiste!

www.vivianebouhon.blogspot.com

Nadine Romieu - équipe de rédaction

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