Vie locale - «Nous sommes loin du cliché du croque-mort»

L’expression fait son apparition au XVIIIe et désigne une pratique (non fondée) employée par les agents de pompes funèbres qui visait à croquer l’orteil d’un défunt pour s’assurer de son décès. Le terme bénéficie aussi, dans l’imaginaire ou le conscient, d’une connotation souvent lugubre et sinistre. Si le surnom populaire de croque mort est resté, la pratique du métier, elle, a bien changée.

Bruno Hendrick est le gérant d’un organisme de pompes funèbres dans le péruwelzis. Très jeune, il met le pied à l’étrier en suppléant son père dans l’entreprise familiale: «J’ai commencé à travailler dans le domaine des pompes funèbres vers l’âge de quinze ans. Au début, j’étais un peu inquiet de ce que j’allais voir, découvrir. Au fil du temps, on s’y fait… Je baigne dans ce milieu depuis que je suis jeune. Je ne dis pas que c’est un métier courant ni facile tous les jours, mais il est utile. A chaque fois qu’on me demande ce que je fais dans la vie, ma réponse suscite toujours de l’étonnement et de la curiosité. Parfois, cela me dérange, car du coup, je ne sais jamais vraiment me couper de ma vie professionnelle, mais je comprends que cela interpelle.»

Dans la pratique, l’empathie est de rigueur. Un trait de caractère que possède naturellement le gérant de 53 ans qui se confie sur les différents aspects de sa fonction: «Nous sommes responsables de la prise en charge complète de la personne défunte. Bien souvent, la famille, les proches, sont trop affectés pour penser à tout et c’est là que nous intervenons. Cela passe par la prise en charge du corps, de sa toilette, de la rubrique nécrologique, mais également, des contacts avec les personnes qui prendront en charge la cérémonie… Notre rôle est qu’ils n’aient à penser à rien. Auparavant, les proches avaient plus de responsabilités et devaient gérer l’organisation. Cette prise en charge complète est une forme de soulagement pour les personnes endeuillées».

Prendre du recul, une nécessité

C’est un métier que l’on pourrait qualifier d’atypique. C’est surtout une profession que peu de gens peuvent se vanter d’assumer et qui nécessite une bonne dose de détachement. «Si on ne prend pas de recul, ça n’est pas gérable. Il faut savoir se couper quand il le faut. On pourrait croire que mon métier me rends triste ou sinistre, mais il n’en n’est rien!», explique Bruno qui insiste également sur le fait qu’une prise en charge soignée constitue la base essentielle du métier.

N’est pas employé de pompes funèbres qui veut. Il est cependant certain que ces employés sont une source de réconfort nécessaires dans un moment difficile et qui, finalement, rendent hommage à la vie.

Emmeline Beirnaert - équipe de rédaction

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