Vie locale - On n’a pas chômé durant le chômage de la Meuse

Trois semaines durant, la Haute-Meuse, ou plutôt son lit, a offert un dépaysement total à l’occasion de sa mise en chômage. La dernière fois que la direction des Voies hydrauliques de Namur avait mené cette opération entre Hastière et Namur, c’était en 2012.

Débutée le 23 septembre, l’opération vient de se terminer le 16 octobre. Comme d'aucuns pourraient le penser, l’objectif premier de la mise en chômage de la Meuse n’était pas de nettoyer le fleuve, mais bien d’entretenir et de réviser ses berges, barrages et écluses, entre la frontière française et Namur.

Au fil du temps, des écluses et des barrages été construits pour réguler le débit de l’eau et permettre la navigation des bateaux. Mettre la Meuse en chômage a ainsi notamment permis de vérifier l’état des portes de certaines écluses. Des tronçons de berges ont aussi été réparés.

On a aussi profité de l’occasion pour mener des travaux préparatoires à l’installation de turbines hydro-électriques. Les neuf barrages de la Haute-Meuse vont en effet à terme être équipés de centrales hydro-électriques. Celles-ci produiront 62 millions de Kw/h annuels. Soit l’équivalent de trois fois la consommation annuelle d'une ville comme Dinant. Trois de ces turbines sont d’ailleurs déjà en service, à Hastière, Waulsort et Hun.

Les pêcheurs aussi à l'œuvre

A l’inverse de la Meuse, les nombreux acteurs à l’ouvrage n’ont donc évidemment pas chômé. Le service de la pêche (département de la Nature et des Forêts du SPW) s'est chargé de sauver les poissons pris au piège par la chute du niveau d’eau. Plusieurs groupements de pêcheurs locaux ont été mis à contribution.

Le Service Public Wallon en a aussi profité pour détruire partiellement le pont de Godinne, en vue de sa réhabilitation définitive d'ici un an.

Luc Flémal, éclusier à Rivière, explique comment l’ensemble de ces opérations ont pu être menées à bien. « Au départ de La Plante, les neuf barrages de la Haute-Meuse (Hastière, Waulsort, Anseremme, Dinant, Houx, Hun, Rivière, Tailfer et La Plante) ont été ouverts progressivement l’un après l’autre. Cela a permis de faire descendre le niveau de la Meuse de 10 cm par heure. Il y a 25 m de dénivellation entre la frontière française et Namur, et cette pente a aidé l'eau à s’échapper assez vite.»

A la plus grande joie aussi des écoliers, touristes et autres curieux de ce spectacle insolite, qui ont afflué de partout et en nombre, afin d’admirer cette carte postale pour le moins insolite de la Meuse...

Benoît Gueuning - équipe de rédaction

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