Vie locale - La moisson du paysan-boulanger

Philippe Genet a posé sa ferme et son atelier de boulanger au milieu de ses champs à Monceau-Imbrechies. Ici, pas d’électricité, mais des panneaux solaires et des batteries qui emmagasinent l’énergie. Son four à pain est alimenté par le bois qu’il coupe l’hiver.

Avec son ami Jean-Philippe Demaret, agriculteur à Macquenoise, il partage le temps de travail, les terres, les expériences et les machines pour produire les céréales panifiables nécessaires à la production de ce bon pain paysan. Froment, épeautre, seigle. Levain ou levure. Le tout certifié par Certisys en agriculture biologique.

Philippe avoue: «C’est important de sélectionner ses propres semences et de maîtriser toute la production, sans intrants chimiques. Ça garantit, au final, un pain de qualité pour les «mangeurs» et un revenu décent pour le producteur. Ici, je travaille avec du matériel d’occasion sur lequel je peux intervenir quand il est en panne, ce qui limite très fort mes charges.»

Quand Philippe est arrivé à Monceau en 2010, il a commencé d’emblée à semer des céréales sur ses 6 ha. Aujourd’hui, il lui manquerait bien encore quelques hectares pour assurer complètement ses besoins en céréales… Au fil du temps, Philippe s’est fait (re)connaître pour la qualité de son pain, en vendant sur des marchés fermiers saisonniers (et le dépôt en épiceries bio locales): Couvin, Solre-St-Géry, Fontenelle, Montigny le Tilleul…

Le parcours de Philippe? Beaucoup d’apprentissage de terrain, au contact d’autres paysans-boulangers, mais aussi la formation de boulanger à l’IFAPME clôturée par le jury central. Aujourd’hui, Philippe fait partie des créateurs d’une coopérative de producteurs, La Botte Paysanne (Sivry), où il vend ses pains les vendredis et samedis (de préférence sur commande pour éviter le gaspillage, toujours coûteux pour le producteur). «La démarche est tout à fait cohérente avec ma volonté d’autonomie. Tant avec les autres producteurs qu’avec les consom’acteurs qui choisissent le circuit-court et le soutien aux producteurs locaux. Partage des ressources, des moyens, et des moments conviviaux qu’il ne faut jamais laisser de côté! Contact direct avec le «mangeur». Maîtrise des prix et revenu décent pour le producteur. Un pas concret vers la transition dont on parle tant!»

CaT - équipe de rédaction

Autres actualités à Vie locale

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Vie locale