Vie locale - Michaël R. Roskam: « Je voulais une sorte de ‘Riviera bruxelloise’ »

Pour son troisième long-métrage après les acclamés Rundskop et The Drop, le réalisateur belge Michaël R. Roskam plonge dans le milieu criminel bruxellois. L’histoire, en deux mots ? Lui, c’est Gigi, pour Gino, gentleman cambrioleur. Elle, c’est Bibi, pour Bénédicte, pilote de course. De leur première rencontre naît une belle histoire d’amour. De celles qui font poindre la passion. Mais très vite le feu ardent est troublé par les sombres secrets du gangster au grand cœur.

Avec ses allures de Bonnie & Clyde des temps modernes, Le Fidèle a été pensé par son metteur en scène comme le second volet d’une trilogie criminelle entamée il y a cinq ans. « Chaque partie se fonde assez librement sur une période particulière de l’histoire du crime en Belgique. Pour Rundskop, ma source d’inspiration était la mafia des hormones. Cette fois-ci, je me suis inspiré des célèbres gangs bruxellois et de l’univers de la course automobile, deux milieux où l’adrénaline coule à flots ».

Pour incarner Gigi, le diplômé de Sint-Lukas, académie des Beaux-Arts de Bruxelles, a immédiatement pensé à son complice de toujours Matthias Schoenaerts, lequel apparaissait déjà dans ses deux précédentes fictions. Et pour Bibi ? « Vu que tout le film se déroule dans un contexte criminel bruxellois où la langue véhiculaire est le français, je cherchais une comédienne francophone. J’imaginais Bibi plus vieille et plusieurs grands noms me sont venus à l’esprit. C’est alors que j’ai vu La Vie d’Adèle et quelque chose chez Adèle Exarchopoulos m’a vraiment plu. Je me suis alors rappelé que c’est moi qui écris cette histoire et qu’il n’y a pas de règles. J’ai donc tout simplement rajeuni Bibi ».

Représenter la Belgique aux Oscars

Pour habiller son métrage, le cinéaste a cherché à lui conférer une élégance, une ambiance quelque peu « glam ». « Je voulais que le film reflète un certain glamour. J’ai donc dit à mon directeur de la photographie que je voulais une sorte de « Riviera bruxelloise ». C’est contradictoire, mais l’histoire est une contradiction en soi et je voulais retrouver cette dualité dans le ton et le style. Mais en dépit de ce côté glamour, le début reflète une atmosphère plus crue, qui évolue tout au long de l’histoire ».

Choisi pour représenter la Belgique lors de la prochaine cérémonie des Oscars, Le Fidèle est à la fois un drame intimiste poignant et un thriller sombre rondement mené. A découvrir sur les écrans bruxellois à partir du mercredi 4 octobre prochain.

Thibaut VAN DER NOOT - équipe de rédaction

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