Vie locale - Il vous présente ses petites ruches

À l’âge de la retraite, nombreux sont ceux qui se découvrent de nouvelles passions. Parmi ces pensionnés actifs, il y a André Beirnaert, apiculteur amateur depuis 2013 et passionné des animaux. À l’abri dans sa combinaison, il entend attirer l’attention des consommateurs: le miel synthétique envahit nos rayons et il devient urgent de fonctionner en circuit court.

Il y a quelque temps, il prend la décision de déplacer ses ruches de Pottes vers Kain, dans une prairie située au pied du Mont- Saint- Aubert. Raison de ce déménagement: les champs avoisinants ne suffisent pas à faire le bonheur de l’espèce essentielle à l’homme et pourtant en voie d’extinction.«On pense souvent que les abeilles sont heureuses en pleine campagne. Or, il n’en n’est rien! Chez moi, entre les champs de pommes de terre et de maïs, elles n’avaient pas grand chose à butiner. Ici, elles trouvent aisément des fleurs dans les prairies et les jardins avoisinants. Les abeilles cherchent avant tout des fleurs et des arbustes sauvages. Raison pour laquelle, au nord du pays, les pouvoirs locaux distribuent des sachets de fleurs sauvages pour les aider dans leur labeur et leur donner de quoi fabriquer ce liquide précieux», explique André, piqué par le virus de l’apiculture depuis sa retraite.

400 000 abeilles

Le chiffre paraît édifient, donne presque le vertige. Pourtant, au sein d’une ruche, près de 80.000 abeilles se côtoient. La petite exploitation qu’André à mise sur pied en compte cinq. Pas de quoi se lancer sur le marché à grande échelle, mais là n’est pas le but: «Cela peut varier d’une année à l’autre, mais par ruche, une récolte annuelle peut atteindre 30 kilos. Au total, on récolte le nectar deux fois par an: vers la mi-juin et fin juillet», explique-t-il.

À savoir également que la reine pond presque 2.000 œufs par jour de manière à assurer un renouveau permanent, la durée de vie d’une ouvrière étant de seulement un mois.

Il l’affirme, choisir un pot de miel est comparable au choix d’une bonne bouteille de vin: «Bien lire l’étiquette pour connaître la provenance, c’est la première chose à faire. Par exemple, si vous voyez du miel de tilleuls en provenance de Belgique, c’est presque impossible! Une abeille vole 5 km, pour que le miel provienne de ces fleurs, il doit obligatoirement avoir une forêt de tilleuls à proximité de l’exploitation. En général, le miel belge est intitulé miel de fleurs ou miel de prairie». Car si André est au stade de l’amateurisme, il souhaite mettre en garde contre les miels contrefaits: «Très régulièrement, je reçois des offres émanant de la Chine ou du Brésil pour arranger le miel avec des produits de synthèse de manière à gonfler la production. Moi, je n’ai pas besoin des ventes pour vivre, ce qui change considérablement la donne. J’ai également choisi d’installer mes ruches ici, car cela entre dans le cadre du circuit court. Le commercialiser oui, mais avec une démarche écologique et dans le respect du consommateur», conclut-il.

De la ruche au rayon, il n’y a que quelques pas puisque André commercialise son miel dans l’épicerie de produits locaux située à quelques mètres de ses ruches. De quoi offrir un miel rare, mais de qualité et surtout, facile à tracer. Une belle manière de se reconvertir après une carrière bien remplie et de continuer à rester un citoyen actif et conscient à de nombreux niveaux.

E.B - équipe de rédaction

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