Vie locale - Un mois sur la route de Compostelle

Il avoue : «J'ai beaucoup voyagé, mais l'idée d'accomplir ce pèlerinage me taraudait depuis quelque temps. J'ai donc décidé de prendre un mois pour moi et de plier bagages», confie-t-il. Cette envie, il ne l'explique pas de manière rationnelle, il a juste suivi son instinct: «J'avais l'illusion de réaliser tout le parcours, qui fait plus de 1.400 km. Mais au final, j'ai choisi un tronçon et j'ai pris le temps de me laisser aller, d'observer, de ressentir les choses».

De rencontrer des gens aussi, car le long de la route, les découvertes sont nombreuses et laissent une trace indélébile dans l'esprit du jeune homme de 31 ans. «Ce qui est étonnant, c'est la manière dont, rapidement, je suis allé vers les autres et inversement. D'ailleurs, de retour en ville, j'ai dû me réadapter à la mentalité locale. J'ai rencontré un jeune lillois, Christophe et nous avons traversé une partie du périple ensemble. Faire la route avec le Saint patron du voyage, ça ne s'invente pas! J'ai également fait la connaissance d'un homme, qui, en rémission d'un cancer, a décidé, lui aussi, d'aller à sa propre rencontre, de lâcher du lest. J'ai moi- même appris beaucoup, notamment qu'il faut peu de choses pour être heureux. Mon sac à dos pesait 9 kilos et comportait le minimum. De retour ici, j'ai pris conscience du luxe dans lequel je vivais et depuis, je relativise vraiment. Ces rencontres ont vraiment été très puissantes pour moi.»

Entre gîte et camping sauvage

Tente sur le dos, il démarre du village de Puy-en-Velay pour effectuer les 800 km qui le sépare de Roncevaux. Ce voyage d'un mois, il l'a préparé sans se fixer de rythme, comme il l'explique: «Dans la vie de tous les jours, les buts que l'on se fixe sont nombreux, trop nombreux parfois. Je me suis donc laissé porter. Comme j'avais envie d'autonomie, j'ai fait du camping sauvage que j'ai combiné avec quelques nuits en gîte. Pour les rencontres, ce type de logement n'a pas son pareil!». Cette liberté s'acquiert cependant difficilement, surtout au début, car la chaleur et l'humidité de certains jours donnent à Benoît le goût de l'effort physique et mental. Mais au final, il le certifie, le sentiment de quiétude surplombe amplement les quelques ampoules aux talons. «C'est difficile à expliquer, mais en revenant, c'est comme si je parvenais à discerner l'essentiel. Revenir aux besoins primaires, se rendre compte des choses utiles ou pas, ça n'a pas de prix. De même, j'ai beaucoup pensé aux personnes autour de moi qui souffrent d'insomnie. Pour traiter ce mal, la marche à pied est un remède miracle! On revient rempli d'énergie», conclut-il, avant de donner pour ultime conseil aux aventuriers qui seraient tentés par l'expérience : se laisser porter par le célèbre chemin de Compostelle et s'émerveiller de tous les champs du possible qu'il ouvre dans l'esprit de tout à chacun.

E.B - équipe de rédaction

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