Vie locale - Moins de constructions en une décennie

Au cours des dix dernières années, l’érosion est lente et constante… à tel point que ni les notaires, ni les services urbanistiques des communes ne s’en sont vraiment aperçus. Et pourtant, les chiffres, publiés par Statbel, ce 31 mars, sont sans équivoque: le nombre de nouvelles constructions résidentielles a diminué de 30 à 50% en dix ans, selon les entités.

À l’échelle de la Wallonie picarde, 556 permis de bâtir ont été délivrés en 2016, contre 842 en 2006. Cela représente 1.001 habitations construites pendant l’année, au lieu des 1.358 érigées il y a dix ans. Une évolution qui se vérifie dans toutes les communes de Wallonie picarde ou presque: Mouscron, par exemple, passe de 200 permis à 88; Ath, de 106 à 40; Belœil, de 48 à 24 et Tournai, de 112 à 72. «C’est inquiétant», commente le bourgmestre f.f. de Tournai, Paul-Olivier Delannois, «car la population reste, elle, plutôt stable. Il lui faut des logements en bon état pour vivre décemment». Le maïeur avoue son étonnement face à cette érosion: «Ce qui est certain, c’est que le service urbanisme n’a pas moins de travail qu’avant, au contraire!».

Il est vrai que les démarches urbanistiques se sont, de leur côté, complexifiées, ce qui pourrait expliquer, malgré la diminution de la délivrance des permis, la quantité constante du travail dans les services communaux.

De leur point de vue non plus, les notaires semblent ne pas avoir noté cette lente érosion: «Nous ne vendons en tout cas, pas moins de terrains à bâtir», précisent-ils. «Après, ce qu’il en advient? Nous n’en sommes pas toujours tenus informés. Peut-être la construction n’aboutit-elle pas…». Toutefois, en dix ans, c’est aussi la superficie dédiée aux logements qui a diminué dans les mêmes proportions: à Frasnes, de 8.895 m2 construits en 2006, on est passé à 5.399 en 2016. Pire, à Péruwelz, on enregistre une diminution de 6.961m2 à 3.603. Quelques exceptions quand même à cette règle: Brugelette, où la construction est plus vive en 2016 qu’il y a dix ans, à Ellezelles, ou encore à Comines. «Il suffit d’un gros lotissement qui se débloque pour que, d’un coup, le nombre de permis s’accroisse significativement, surtout dans ces communes de plus petites dimensions», explique-t-on à l’urbanisme. À Leuze, par contre, où seuls 20permis ont été délivrés (contre 24 en 2006), ils ont autorisé la construction de 67 logements (contre 32 en 2006) sur une superficie de 6.668m2 (au lieu de 3.520).

Par contre, en matière de rénovation, la tendance fluctue davantage d’une commune à l’autre: elle augmente quasi partout. À Ath, 48 bâtiments ont été rénovés en 2016, contre 38 dix ans plus tôt; 45 à Bernissart, au lieu de 28; 29 rénovations à Ellezelles, contre 19 en2006. Et pourtant, à l’échelle de la Wallonie picarde, le nombre de bâtiments rénovés a diminué: de 815, il y a dix ans, on en est aujourd’hui à 669… «Sans doute que la crise est passée par là», ajoute à brûle-pourpoint le maïeur f.f. de Tournai. Même si les professionnels du bâtiment s’accordent à le dire: leur secteur se porte plutôt bien.

NE - équipe de rédaction

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