Vie locale - Les maires en ont ras... la poubelle et le disent

Nous les avons comptées. Quarante-deux communes belges, 6 en Flandre, 36 en Wallonie, partagent une frontière avec la France. En général, les rapports se passent bien. Mais quand on parle d’ordures ménagères, les noms d’oiseaux peuvent vite voler. Prenez le maire de Boeschèpe et ses 2.200 habitants. Et des ordures belges, la commune de Pierre Bourgeois en déborde ! « Cela vaut aussi pour les autres communes françaises qui ont une frontière avec la Belgique », témoigne le maire. « Mais nous, à Boeschèpe, nous avons une grande frontière avec Poperinge ».

42 kgs de plus par habitant

Tous les lundis, nombreux sont les Belges frontaliers à franchir la ligne et à déposer leurs ordures ménagères. « C’est le jour où notre camion poubelles passe. J’ai fait mes comptes. Rien que pour une année, les ordures ménagères belges nous coûtent entre 40.000 et 50.000 € ». Les impôts sur les poubelles sont différents qu’on soit d’un côté ou de l’autre de la frontière. « En Belgique, vous avez les sacs en plastique payants. Chez nous, cela fait partie des impôts locaux. Le montant varie en fonction de la taille de la maison mais aussi du nombre d’habitants. C’est une taxe un peu injuste. Par exemple, une famille nombreuse vivant dans une petite maison paiera moins qu’une personne âgée vivant seule dans sa grande maison ». Les sacs déposés par les voisins belges coûtent cher au syndicat de communes qui s’occupe du ramassage des poubelles. « Nous faisons partie de cette association d’une cinquantaine de communes qui effectue le ramassage. Seule, une commune ne peut pas se charger de cette tâche ». Les poubelles belges représentent 42 kilos de déchets en plus, par an et par habitant pour la commune ! Avec d’autres maires, celui de Boeschèpe a décidé de passer à l’action. « La semaine passée, j’ai apostrophé un Belge qui sortait ses poubelles de sa grosse Mercedes. Je lui ai dit que j’étais maire et que ce qu’il faisait était interdit ». En guise de réponse, Pierre Bourgeois a eu droit à un « C’est l’Europe, Monsieur », avec un léger accent flamand. « Quand ce monsieur a vu que je prenais des photos de son auto, il a vite déguerpi. » 1.500 euros d’amende

Le maire s’est alors rendu à la gendarmerie en présentant ses pièces à conviction. « La gendarme m’a dit qu’elle ne pouvait pas verbaliser… car le gars effectuait un triage sélectif ! » Pierre Bourgeois ne baisse pas les bras pour autant. « Je vais écrire au procureur de la république à Dunkerque. Je suis, en tant que maire, assermenté. Je vais lui demander qu’il rappelle aux gendarmes qu’ils doivent agir. Ces dé-pôts ne peuvent pas se faire impunément. Ils sont passibles d’une amende pouvant aller jusqu’à 1.500 euros ». Une solution plus pacifique est envisagée. « Le syndicat pourrait imposer des poubelles à puce. Cela serait pas mal… à condition que les Belges ne viennent pas déposer leurs sacs dans les fossés. Par contre, je ne crois pas qu’ils oseront les mettre dans les poubelles à puce. Ils risqueraient d’avoir des problèmes avec leurs propriétaires ».

SP - équipe de rédaction

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