Vie locale - Coqs de bruyère suédois en fagnes

Une dizaine de tétras-lyres, autant de mâles que de femelles, ont été lâchés ce week-end en fagnes. Les gallinacés emblématiques du toit de la Belgique proviennent de Suède. C’est un essai de réintroduction, ou plutôt de renforcement, de l’espèce, après que la population a fondu, ces dernières années.

Dans un premier temps, on avait envisagé une acclimatation en volières. Finalement, ce n’est pas l’option qui a été retenue. On a bagué les oiseaux et certains ont été munis d’émetteurs avant de les relâcher via un sas. Reste maintenant pour eux à trouver leurs marques dans un milieu plus chaud que les contrées d’où ils viennent et aussi différent de nos landes.

Il est probable que si cet essai de réintroduction s’avérait concluant, on poursuive ce type de lâcher afin d’obtenir une population qui pourrait repeupler durablement nos fagnes.

Un haut plateau qui a fait d’autant plus l’objet d’une surveillance accrue que la sécheresse de ce printemps a laissé craindre des incendies. Finalement, les drapeaux rouges ont été levés.

Dès 2014, nous évoquions dans nos colonnes un possible scénario de réintroduction du petit coq de bruyère grâce à des sujets scandinaves. En trouver n’était pas le problème. En Finlande et en Suède, par exemple, on en autorisait la chasse à certaines périodes. Rien qu’en 2012, en Finlande, 350.000 avaient été tirés par des chasseurs.

De tels plans de réintroduction ont déjà été mis en œuvre aux Pays-Bas et en Allemagne. Mais, constatait le Pr Pascal Poncin, de l’ULg, en 2015, les résultats avaient été pour la plupart décevants, sauf dans la lande de Lunebourg, en Allemagne.

Sur notre plateau fagnard, on ne comptait plus qu’un mâle et trois femelles en 2016. Et le 27 avril dernier, on a repéré deux mâles et une femelle. À comparer aux 190 coqs de 1971.

Parmi les facteurs qui ont influé sur la disparition progressive des coqs de bruyère fagnards: le dérangement qu’ils ont pu éventuellement subir, surtout lors des phases de parade, en vue de la reproduction; la présence de prédateurs, comme les rapaces, le renard ou le sanglier; mais aussi le climat, moins neigeux l’hiver et souvent trop pluvieux au printemps.

L.M. - équipe de rédaction

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