Vie locale - L’ULg réintroduit des anguilles

Aujourd’hui, l’anguille a quasiment disparu des rivières liégeoises. Pour tenter d’inverser le processus, une équipe de l’ULg dirigée par le Dr Michaël Ovidio vient de déverser 70.000 jeunes anguilles dans cinq cours d’eau du bassin hydrographique de la Meuse: «L’anguille a un cycle de vie particulier, explique M. Ovidio. Elle ne naît que dans la mer des Sargasses, au large de la Floride. Les larves se laissent ensuite emporter par le Gulfstream. Et quand elles arrivent près des côtes européennes, elles se transforment en jeunes anguilles – des civelles – qui remontent et colonisent les rivières, où elles restent entre 10 et 20 ans avant de retourner dans la mer des Sargasses pour se reproduire.»

Le problème? Les civelles qui remontent les rivières jusqu’à nous sont de plus en plus rares. «En Meuse, à Liège, on est à 350 kilomètres de la mer, continue Michaël Ovidio. Comme les anguilles sont de moins en moins nombreuses, elles n’ont plus besoin de remonter aussi haut pour trouver ce dont elles ont besoin. En 20 ans, on a ainsi perdu 95% des anguilles qui remontaient nos rivières. Or, on ne maîtrise pas la reproduction artificielle des anguilles. La seule possibilité pour remédier à leur disparition, c’est donc d’aller les chercher là où elles passent.»

D’où cette expérience, financée par la Fonds Européen des Affaires Maritimes et de la Pêche (FEAMP) et le Service Public de Wallonie (DGARNE), qui vise à leur faciliter quelque peu la tâche…

«Une des pistes pour sauver les anguilles, c’est donc d’augmenter le stock en déversant des civelles capturées sur les côtes françaises dans des rivières wallonnes.»

Pendant toute la durée du projet, soit quatre ans, les chercheurs liégeois vont ensuite étudier l’évolution de ces anguilles dans leur nouvel habitat.

«Nous les recapturerons pour étudier leur croissance et voir dans quel habitat elles survivent le mieux… Ici, c’est un repeuplement à des fins scientifiques, mais le service Pêche du SPW attend le résultat de nos recherches pour déterminer dans quels cours d’eau il sera ensuite le plus intéressant de procéder à de nouveaux déversements», précise le Dr Ovidio.

Le but étant, à terme, de réintroduire en masse dans nos rivières ces jeunes anguilles, pour inverser le processus en cours.

«Mais ce n’est qu’une partie de la solution, termine Michaël Ovidio. Car il faudrait aussi construire de nouvelles échelles à poissons pour leur permettre de remonter nos cours d’eau ou faire en sorte qu’il y ait moins de mortalité causée par les barrages hydroélectriques notamment…»

L.M. - équipe de rédaction

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