Vie locale - « Publifin, c’est le libéralisme dans toute sa splendeur»

Ce n’est pas votre première expérience au sein d’une commission parlementaire. Comment le vivez-vous?

Depuis mon élection comme député en 2004, j’ai vécu des situations similaires, même si ce n’était pas des commissions d’enquête. J’ai participé à des commissions sur l’Awiph, la Société Wallonne du Logement, Francorchamps au moment de son rachat ou l’Office wallon des déchets il y a deux ans. C’est une expérience particulière. Mais ces différentes commissions ont permis d’éditer plusieurs réformes. Certaines ont abouti et ont permis d’améliorer le modèle en place. Malgré cela, on tombe ici sur un dossier où les gens sont dans le déni le plus total.

Justement, votre objectif au sein de la commission Publifin, est de faire sortir toute la vérité dans cette affaire. Pensez-vous y parvenir?

On fait le nécessaire pour que la vérité triomphe. On pourra ensuite adapter les règles et rétrécir encore les mailles du filet. Ce n’est même pas une question d’application des règles ici. C’est simplement une non-application. Ils trouvent des excuses pour ne pas appliquer les règles de manière volontaire. Ça pose un sérieux problème et cela rejaillit sur l’ensemble du monde politique. C’est le libéralisme dans toute sa splendeur!

Yves Evrard fait également partie de la commission d’enquête. Deux Chestrolais dans une commission qui rassemble 12 intervenants, c’est étonnant…

J’y suis car j’ai ma casquette de chef de groupe au cdH et celle de juriste. Je ne peux pas parler pour les autres mais il fallait éviter également qu’il y ait des Liégeois dans la structure pour garder la transparence des débats.

Quel est le calendrier que vous vous êtes fixé?

Nous souhaitons finir les auditions d’ici aux vacances de Pâques. Il y aura ensuite l’élaboration d’un prérapport avec des recommandations pour début mai. Nous devrons alors réentendre potentiellement l’une ou l’autre personne. Et puis, il y aura l’expertise et l’audit financier du gouvernement pour arriver enfin à la rédaction finale d’un rapport en juin.

Cela fait un mois maintenant que la commission a été lancée. Qu’est-ce qui vous a le plus choqué?

Que les gens aient accepté des postes et recevaient des rémunérations sans rien faire. Sans même se déplacer ou apporter une contribution intellectuelle: rien! Et puis, le fait d’avoir détourné de l’argent public pour des projets strictement industriels à des fins capitalistes qui n’ont plus rien à voir avec les projets communaux.

Pour contrer ce type d’affaires, la ville de Bastogne a décidé de mettre en place un cadastre des mandats des élus. Que pensez-vous de cette initiative?

Ça se fait déjà via Cumuleo sur internet. Cela fait partie des recommandations qui viendront dans le cadre de la commission mais tout le monde fait déjà sa déclaration d’amendement. Je ne vois pas ce que cela apporte de plus. Le débat en cours concerne les dépenses privées. Est-ce qu’il faut aller jusque-là? Je ne le crois pas. Ce que vous faites à côté de votre job public ne regarde pas les gens. Imaginez qu’un boucher se présente aux élections. Il devrait publier le chiffre d’affaires de sa boucherie? C’est impensable.

Vu votre implication dans cette commission, vous avez moins de temps pour la gestion de la ville de Neufchâteau. Comment parvenez-vous à concilier les deux?

Bien sûr, le temps que je passe en commission, je ne suis pas à Neufchâteau. Mais le collège continue à suivre le quotidien. Pour ce qui concerne les projets de fond, tout est en cours et les chantiers continuent. Cette permanence de l’équipe permet d’assurer le suivi. C’est le fruit d’un travail de fond.

Propos recueillispar LM - équipe de rédaction

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