Vie locale - 103 hommes sont des «sages-femmes»

La réduction du séjour en maternité (de 5 à 3 jours), voulu par le gouvernement Michel, va changer la vie des sages-femmes. Cela suppose que toutes ces mères auront besoin d’un suivi médical à domicile et que l’on aura besoin de plus de sages-femmes puisque les gynécologues ne se déplacent pas. Dès lors, les 10.440 sages-femmes recensées en Belgique (chiffre arrêté le 31 décembre 2015) seront-elles suffisantes ? «Va-t-on vers une pénurie ou pas, c’est la grande interrogation », répond Vanessa Wittvrouw, présidente de l’Union professionnelle des sages-femmes de Belgique (Upsfb). « Prudence avec les chiffres. Les sages-femmes recensées sont celles qui ont leur diplôme ou visa, mais exercent-elles toutes ? Certaines ont changé de métier, d’autres sont dans l’enseignement. Ce qui est sûr, c’est que les sages-femmes vont changer leur lieu d’action. Actuellement, elles travaillent surtout en milieu hospitalier. Désormais, on aura davantage besoin d’elles à domicile. Notre souci, c’est que les parents puissent trouver une sage-femme proche de chez eux ».

La Commission de planification de l’offre médicale (dépendant du SPF Santé) est occupée à dresser un cadastre des sages-femmes en Belgique, pour préparer les besoins de demain.

« Sexisme »

Toujours selon Maggie De Block, il existe 103 sages-femmes au masculin dans le pays (on dit alors « un sage-femme »), dont 30 en Wallonie. « Je pratique ce métier depuis 37 ans », témoigne Alain Ghislain (de Lobbes) qui effectue des accouchements à domicile (sous hypnose notamment), et qui travaille aussi à la maison de naissance l’Arche de Noé à Namur et au gîte de naissance à Montigny-le-Tilleul.

« J’espère qu’en déplaçant la sage-femme (salariée) de l’hôpital à domicile, les directions hospitalières ne vont pas exiger d’elles une rentabilité », dit-il . « Par ailleurs, je constate que de moins en moins de gynécologues sont attirés par l’accouchement en lui-même. Car cela suppose d’être appelé à toute heure de la nuit. Sauf bien sûr si l’accouchement est programmé, provoqué. En France, la sage-femme peut pratiquer la gynécologie et par exemple placer un stérilet, pratiquer une IVG, etc. Cela pourrait arriver aussi en Belgique » . Le sage-femme insiste : « Pour beaucoup, la sage-femme est la subalterne des médecins. Or elle est autonome dans la surveillance de la grossesse, l’accouchement, etc. ».

Et quid de sa condition masculine dans cet univers très féminin ? « J’ai droit parfois à des propos malveillants, de la part de maris jaloux, mais je laisse dire. Néanmoins, je n’apprécie pas ce sexisme, j’ai droit au respect ».

SP - équipe de rédaction

Autres actualités à Vie locale

Articles les plus populaires

Les promotions autour de Vie locale