Vie locale - 90 km/h sur la E25: pour dépolluer Ans

Depuis la mi-décembre, la vitesse est limitée à 90 Km/h entre Burenville et l’échangeur de Loncin sur l’autoroute E25. Une décision qui, plus de trois mois plus tard, interpelle toujours certains automobilistes. «Plusieurs Liégeois m’ont contactée pour savoir si cette décision était temporaire et pourquoi elle avait été prise», explique la députée wallonne Virginie Defrang-Firket (MR), qui vient d’interroger le ministre Prévot sur le sujet.

Et, mauvaise nouvelle pour ceux qui regrettent les défunts 120 Km/h qui se pratiquaient jusqu’il y a peu sur la majeure partie de ce tronçon, pas question de faire marche arrière, comme l’a confirmé le ministre wallon. Mais une possibilité de recours existe, à condition d’être prêt à délier les cordons de sa bourse pour faire intervenir le conseil d’état.

Sans garantie de résultat évidemment. D’autant que cette décision n’a pas été prise à la légère. Elle fait suite notamment à une étude commandée en 2012 par la commune d’Ans, qui s’inquiétait de la pollution, tant sonore qu’atmosphérique, dont elle était victime.

«Le collège avait commandé une étude à Transitec, qui avait déjà réalisé notre plan de mobilité, explique-t-on à Ans. Nous étions en effet confrontés à deux problèmes: une pollution sonore et une mauvaise qualité de l’air.»

La vitesse en cause

Et l’étude a démontré que la vitesse pratiquée sur l’autoroute qui encercle la commune n’était pas étrangère à ces deux phénomènes dérangeants.

«Or, selon toutes les études, moins on roule vite, moins il y a de bruit: du moteur évidemment, mais aussi celui dû au frottement des roues sur la chaussée.»

L’autre aspect de la problématique a connu une conclusion similaire: «Plus on roule vite, plus il y a d’émissions de polluants. En outre, cela cause aussi plus d’accidents, et donc des bouchons, qui entraînent une augmentation des émissions de CO2 ou de particules fines.»

«Et Ans est en quelque sorte pris dans un étau d’autoroutes, complète Henri Huygen, l’échevin ansois de l’Environnement. Quand les voitures sont à l’arrêt à hauteur du nouveau MontLégia par exemple, Ans est juste en bas…»

Ans a donc pris le taureau par les cornes et demandé au pouvoir compétent d’envisager une limitation de vitesse à 90 Km/h. «On a écrit au gouverneur, au ministre et aux communes environnantes.»

Et la commission provinciale de sécurité routière a entendu leurs arguments. Satisfaisant ainsi les Ansois, mais faisant aussi sans doute des mécontents parmi les automobilistes. «C’est vrai que ça déplaît à certains, termine-t-on à Ans. Mais en France, ça fait des années que les traversées d’agglomérations se font à 90 Km/h…»

L.M. - équipe de rédaction

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